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ARCHIVES août 2006 - juillet 2008 du blog NouvoLivrActu
par Lorenzo Soccavo,
Prospectiviste de l'édition.
Signe que les temps (de la lecture) changent
L'évolution des supports de lecture(s) et l'adaptation de l'édition aux nouveaux usages émergents du 21e siècle, ne sont que les symptômes d'une mutation bien plus profonde : celle de la lecture.
Dans ce contexte j'ai été frappé il y a quelques jours par un post sur un forum spécialisé consacré aux nouveaux dispositifs de lecture e-paper. Et depuis je n'arrête pas d'y penser...
Titré : « Je revends le mien », son auteur, sous le pseudonyme de "listesfx" écrit : « J'ai acheté mon Cybook en mars dernier mais je ne m'en sers jamais car je n'arrive pas à lire dessus... c'est plus fort que moi j'ai besoin d'un livre alors que je reconnais volontiers la performance technologique... »
A une réponse d'un autre participant le questionnant : « Est-ce que cela vient du fait que vous ne trouvez pas de livres qui vous intéresse ? », il répond : « Non, en fait j'ai trouvé sur le Net plein de ebooks mais je n'y arrive pas... je me suis reporté alors sur de la documentation technique en rapport à mon travail mais c'est pareil je n'y arrive pas non plus... »
Comme l'on dit aujourd'hui : cela interpelle ! Il s'agit clairement d'un internaute technophile, inscrit sur un forum spécialisé, et qui a fait la démarche d'acquérir, en ligne puisqu'ils ne sont pas en vente dans le commerce, un reader Cybook Gen3 de Bookeen au prix de 350 euros. Mais... il n'arrive pas à lire dessus.
Cas isolé certes, mais qui fait signe d'après moi et qui souligne ce que je ne cesse de répéter : qu'il s'agit de lecture avant tout, qu'il faut travailler le design et l'ergonomie, tant des devices que des logiciels de lecture, que des packagings, sites et argumentaires de vente, modes d'emploi, etc.
Fabricants diffuseurs et Cie de readers pensent exclusivement business et retours sur investissements, mais aussi nombre d'éditeurs (dans le sens anglo-saxon de publishers, d'entrepreneurs en édition), et même blogueurs et autres sur le devenir du livre et cetera ont le plus souvent d'autres préoccupations, bien plus matérielles que la lecture.
Je l'avais déjà remarqué à mon grand étonnement il y a quelques années lorsque je travaillais au sein d'une association d'information et de conseils aux auteurs de l'écrit : c'est fou comme il y a peu de véritables lecteurs dans les milieux qui se prétendent littéraires !














Voilà qui me conforte dans l'idée que ceux qui pensent simplement décliner leur catalogue papier en version numérisée risquent d'être bien déçus et pourraient rejeter la faute sur la technologie alors que c'est l'offre de lecture qui est à réinventer et non à reproduire d'un support à l'autre. C'est au niveau de la structure même des ouvrages, de leur découpage, qu'il faudrait avancer, en profiter de l'extrême flexibilité des usages qu'apporte l'e-paper. Mais j'ai le sentiment qu'on est encore très loin de cette prise de conscience.
C'est pourtant pas difficile à comprendre ;-) Dans e-paper nous avons le e de numérique, et la numérisation est l'outils idéal pour un décloisonnement de l'écriture. Images, textes et sons pour ne faire qu'un objet l'e-codex. Florence Martin de chez Dunod dit la même chose et d'autres encore. Encore une fois parlez juste ne suffit pas, il faut gueuler, pour se faire entendre.
C'est pourtant pas difficile à comprendre ;-) Dans e-paper nous avons le e de numérique, et la numérisation est l'outils idéal pour un décloisonnement de l'écriture. Images, textes et sons pour ne faire qu'un objet l'e-codex. Florence Martin de chez Dunod dit la même chose et d'autres encore. Encore une fois parlez juste ne suffit pas, il faut gueuler, pour se faire entendre.
et oui c'est moi le vilain petit canard techno :-)
En fait ce qui me dérange surtout c'est que je trouve assez tristounet de lire plusieus livres à la suite en ayant toujours le même objet dans la main... j'ai encore besoin de changer de support pour pouvoir passer à un autre livre...
Mais j'admire la prouesse technologique, c'est un bel objet plein de qualité...
J'aime encore le texte ET le support (mais je suis aussi un bibliophile, cela expliquant peut-être cela ;-) )
Vilain petit canard pas du tout. Vous êtes juste le premier à exprimer une lassitude au regard d'un objet dont la valeur ajoutée au regard du livre est proche de zéro. L'important reste le contenu. A contenu identique le reader ne fait pas le poids pour 99,99 % des gens (il serait intéressant d'avoir l'étude des usages et comportement de Read & Go). C'est tout!
... Bah cela joue
Cela dit, je trouve fort pertinent les commentaires de M-A Fournier, juste un peu "extrémistes" entre guillemets.
Certes, "A contenu identique le reader ne fait pas le poids", mais la praticité d'une unique page réinscriptible et de pouvoir y contenir et afficher toute une bibliothèque est malgré tout un plus, notamment pour les "gros" ou "grands" lecteurs, lesquels, d'après ce que j'ai pu en juger sont les principaux early adopters des readers pour l'instant...
Lorenzo Soccavo
Je suis fan de lecture dans des vrais livres, je lis beaucoup sur PC aussi...
les seuls contenus qui respectent des normes adaptés à la lecture sur écran sont sur le web, non ?
Je trouve le concept du e-book magique depuis au moins 10 ans, mais tant qu'il ne lira pas aussi bien du web que des vrais livres, je ne vois pas l'intérêt de dépenser 200€ pour ça...
Je suis fan de lecture dans des vrais livres, je lis beaucoup sur PC aussi...
les seuls contenus qui respectent des normes adaptés à la lecture sur écran sont sur le web, non ?
Je trouve le concept du e-book magique depuis au moins 10 ans, mais tant qu'il ne lira pas aussi bien du web que des vrais livres, je ne vois pas l'intérêt de dépenser 200€ pour ça...
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