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ARCHIVES août 2006 - juillet 2008 du blog NouvoLivrActu
par Lorenzo Soccavo,
Prospectiviste de l'édition.
Prospectiviste de l’édition c’est quoi ?
L'on me demande parfois avec un gentil sourire amusé ce que cela signifie : "prospectiviste de l'édition" et, assez souvent, mes oreilles me sifflent des petits airs guillerets.
En clair : Lorenzo Soccavo s'est autoproclamé en 2005 "Prospectiviste de l'édition", mais c'est quoi ce truc ?
Un prospectiviste est quelqu'un qui fait de la prospective. Et toc ! La prospective est la : « Discipline qui se propose de concevoir et de représenter les mutations et les formes possibles d'organisation socio-économiques [...] d'un secteur d'activité dans un avenir éloigné, et de définir des choix et des objectifs à long terme pour les prévisions à court ou moyen terme. » [Définition TLFI]
Cette définition me convient parfaitement. Elle correspond bien, en effet, à la discipline que je m'impose, de détecter et d'accompagner les usages émergents, d'anticiper les ruptures d'usage des lectorats, les nouveaux modes de lecture et de diffusion, notamment, liés au numérique.
L'avenir du livre, à mon avis, ne peut pas se penser séparément de l'évolution des autres technologies et nous devons tenir compte et intégrer dans nos scénarios du futur, les systèmes apprenants et les recherches sur la réalité augmentée, l'immersion totale, le Web 3D, etc.
En écrivant ce post, je repense à une de mes réponses à Daniel Dussausaye, au cours de notre récent entretien sur le devenir du livre, dans Presse Edition.
A la question de Daniel : « Quels conseils donneriez-vous à un éditeur qui voudrait se lancer dans l'édition numérique ? », je répondais : « Il ne faut pas "se lancer dans l'édition numérique" comme on se jette à l'eau, ou comme pour un premier saut en parachute ! On part d'une situation et avec un objectif. [...] Les éditeurs doivent aujourd'hui intégrer de nouvelles compétences (informaticiens, consultants R&D...). Mais surtout, à notre époque, il est important d'avoir une vision prospectiviste, ne pas investir pour faire ce que font déjà les autres, ni pour faire ce qui se fait aujourd'hui. Mais pouvoir détecter les usages émergents, les nouvelles pratiques des lectorats afin de proposer un nouveau service éditorial en phase avec le siècle et ses évolutions... »
Prospectiviste c'est cela.
(Photo extraite du Bloc-notes de Jean-Michel Salaün : Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique)













d'accord avec toi, Lorenzo, sauf que prospectiviste de l'édition ce n'est pas seulement propectiviste sur les nouveaux supports de lectures, ce n'est pas seulement cela ; si tu te présentais modestement ainsi, je pense qu'ils te siffleraient beaucoup moins d'airs guillerets, comme tu dis, et les sceptiques de se taire...
"bloggeur intéressé par les nouveaux gadgets de lecture" serait plus adapté. Vous faites un travail intéressant de veille sur les nouveaux supports, mais vous n'avez pas vraiment de réflexion sur l'édition numérique dans son ensemble, ni sur ce blog ni dans votre livre. donc pas besoin de frimer avec ce titre pompeux et ridicule!
Où en est le marché de l'e-edition ? Démarrage en trombe ? Pic déjà atteint ? Déclin annoncé ?
Je me pose ces questions car je n'ai encore jamais rencontré quelqu'un qui puisse répondre précisément à deux variables :
Combien faut-il vendre de e-books pour que son développeur rentre dans ses frais ?
Combien faut-il vendre de chargements pour que la chaîne de l'édition numérique puisse se dire rentable ?
Tout cela à l'air bien mystérieux !
;)
@ André X
Bonjour,
C'est là votre avis. Vous comprendrez, je pense, que je ne le partage pas et que je me permette de douter par ailleurs que vous ayez bien lu ou compris mon livre.
Il est également clair je crois que NouvoLivrActu est un blog de veille et d'information. Je le veux ouvert, également destiné aux lecteurs, aux étudiants, etc., et non pas universitaire ou à développer d'indigestes analyses pour les "professionnels de la profession".
Enfin il me semble tout aussi évident de ne pas y publier d'informations stratégiques.
Vous m'excuserez de ne pas prendre votre propos trop au sérieux, car il remet surtout ridiculement en cause la confiance que me portent nombre de personnes, à commencer par mon éditeur, et celles et ceux qui m'invitent à des tables rondes, conférences, etc.
Pour le reste, je me dis que c'est sans doute votre modestie qui vous a poussé à poster votre commentaire sous couvert de l'anonymat.
Lorenzo Soccavo
Bonjour Pierre,
Alors : "Démarrage en trombe ? Pic déjà atteint ? Déclin annoncé ?" ?
A mon modeste avis : rien de tout cela.
Mais entre préparation au décollage et décollage.
La chaîne et l'économie du livre sont basées sur des flux matériels.
Il faut naturellement un temps de transition, d'adaptation (Cf. mon interview récente dans Presse Edition)
Ce que vous appelez e-édition demande l'instauration d'un nouveau modèle économique. Ce dernier émerge et il n'est donc je pense nullement mystérieux qu'il n'y ait pas encore de données chiffrées fiables (en tout cas pouvant répondre à des questions telles celles que vous vous posez) qui circulent, sinon comme rumeurs ou buzz.
Gardons confiance et sérénité, le proche avenir dissipera ces mystères... Si, si, vous verrez ;-)
Lorenzo Soccavo
@ Aldus
J'ai mis un peu de temps avant de répondre à ton commentaire, car je ne suis pas certain de bien en saisir le sens (?)
Tu veux dire que je limite le champ de ma réflexion aux nouveaux supports de lecture ?
C'est peut-être la vision que tu as de mon travail, mais, personnellement et ceci dit, crois le bien, en toute modestie, cela ne correspond guère à ce que je vis au quotidien.
Certes ! fidèle à ses origines, NouvoLivrActu fait la part belle aux nouveaux dispositifs de lecture (ton blog Aldus2006, que je t'avais encouragé à lancer, à l'origine pour rendre compte de ton utilisation du reader Iliad, a certes évolué différemment...)
Dans mon livre et dans mes interventions (conférences, etc.) j'aborde bien d'autres questions : l'impact des communautés, le livre dans le Web 3.0 (comme tu le sais je m'investis depuis quelques mois pour la promotion du livre et de l'édition francophones dans Second Life, sujet sur lequel tu es très réservé), etc.
Je vais intervenir mercredi matin sur le thème "L'interface lecteur/livre à l'heure de la convergence".
Je cherche toujours à recentrer davantage sur les évolutions de la lecture que sur les mutations physiques de l'objet livre.
Dernière petite "preuve" entre guillemets, significative de ce que j'avance sur mon ouverture : au prochain salon du livre de Paris, tu interviens toi dans la table ronde consacrée aux tablettes e-paper, et, moi j'interviendrai sur le thème : Livre 2.0, Web 2.0, même combat !
C'est dire ;-)
Ce qui dérange et me fait taxer d'immodestie c'est que j'ai l'outrecuidance de donner ouvertement mon avis sur l'avenir du livre et le devenir de l'édition alors que je ne suis pas passé préalablement par les formations et les successions de stages adéquats, le vilain petit canard en somme, mais je n'en ai rien à f...
Lorenzo Soccavo
Attention Lorenzo, ne te méprends pas sur le sens de mon commentaire, je voulais juste essayer de replacer ton travail, que tu fais formidablement bien, dans une perspective plus générale de nos métiers. Dans le domaine de la musique par exemple, qui pourrait se targuer d'être en ce moment, un propectiviste de la musique ? Très franchement, dans le domaine de l'édition, je pense que notre attitude doit rester humble dans le domaine. Que représente notre travail en comparaison de Darnton, Steiner, Chartier et quelques autres ? Poussons modestement à l'ombre des grands arbres...
Je ne me méprends pas je pense, en tout cas je n'ai pas mal pris ton commentaire...
Humble oui, mais entreprenant et imaginatif. "Les grands arbres" que tu cites, je respecte, mais sincèrement et au risque d'apparaître une nouvelle fois immodeste, je pense être plus opératif, plus concret qu'eux, au risque, il est vrai, d'être souvent plus succint et de dire parfois quelques idioties.
Pour paraphraser je ne sais plus qui : de toute façon un idiot qui avance ira toujours plus loin que les grands arbres... hi hi hi ;-)))
Lorenzo Soccavo
Votre interview chez Presse Edition répond d'ailleurs en partie à mon questionnement :
Il est important d'avoir une vision prospectiviste, ne pas investir pour faire ce que font déjà les autres, ni pour faire ce qui se fait aujourd'hui...
Avec la possibilité de les éditer un peu comme des wikis, la presse et les thèmes scientifiques et technologiques ne sont-ils pas les premiers e-papers de demain ? (Bon je me sauve avant de recevoir vos honoraires !!!)
;)
Si... Et puis tout le secteur des guides pratiques, notamment touristiques...
Les aspects actualisation et appel des contenus à la carte vont devenir des enjeux, en tous cas, des choix éditoriaux...
A suivre... (Euh... c'est gratuit ;-)
Lorenzo Soccavo
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