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CE BLOG N'EST PLUS ACTUALISE. IL PRESENTE SEULEMENT LES ARCHIVES de août 2006 - juillet 2008 du blog NouvoLivrActu de Lorenzo Soccavo, Prospectiviste de l'édition. NOUVEAU BLOG = http://ple-consulting.blogspot.com
Les plaisirs démodés
Penser à échéance de huit dix ans seulement (à celles et ceux nés en l'an 2000 et qui ont aujourd'hui huit ans et acquièrent la lecture, qui auront dix-huit ans en 2018, à celles et ceux qui naissent aujourd'hui et qui auront dix ans en 2018...) c'est considérer l'avenir de la lecture, car, si la lecture décevait ces nouveaux lecteurs digital natives, si elle leur apparaissait comme une activité culturelle trop pauvre, trop austère en comparaison des autres activités de loisirs, alors le risque serait grand que la lecture se cantonne rapidement à une activité partisane, sectatrice pour un petit nombre de fidèles en voie d'extinction rapide ; et le risque existerait alors bien que des pans entiers de l'édition culturelle, littéraire et de création, sombrent corps et biens, tandis que ses majors ne perdureraient qu'en s'acoquinant avec les grandes industries de l'entertainment.
Les métamorphoses des supports de lecture que nous commençons à vivre en 2008, masquent en fait un enjeu de civilisation bien plus important que le passage du codex à des tablettes ou à des rouleaux d'e-paper ; je veux parler d'une mutation des pratiques de lecture, en partie issue du Web 2.0 et équivalente au passage jadis des civilisations de l'oralité à nos civilisations de l'écrit.
Que sera devenu en 2018, non pas le livre support (peu importe au fond) mais la lecture. Un plaisir démodé ?
Illustration : affiche "Fahrenheit 451" (1966) DVD François Truffaut, Writers : Ray Bradbury (novel) and Jean-Louis Richard (screenplay).















c'est toute la question de fond, je suis d'accord - être attentif à ces nouveaux usages, pour nous-mêmes d'abord, et pour ceux qui arrivent – et que ce n'est pas pour autant laisser place à la barbarie : tenter dans ces nouveaux usages de dire ce qui compte, ce qui se transmet, et ça va de la typographie aux formes mêmes de récit
voir billet de Piotr sur édition en ligne, qui vaut largement pour la littérature : les usages et les façons de lire changent, la disponibilité des textes est différentes, et nous les lisons et y répondons du même geste, sur le même support
(lire http://blog.homo-numericus.net/spip.php?article154 )
pour ça d'ailleurs que je n'ai pas encore eu le coup de foudre pour tel ou tel eReader, pour moi le Net c'est l'interactivité, je lis et j'écris avec ma même petite lucarne
va falloir dire ça demain mardi devant commission Patino je trouille
La lecture permet un travail imaginaire extraordinaire. Le lecteur se fait son propre spectacle dans la tête. Lire c'est donc être libre. Même si cela est d'un abord plus difficile (austère pour certains), lire crée un spectacle qu'aucun autre media ne peut supplanter. En rajoutant de l'image et du son, on appauvrit déjà le nombre de dimensions de l'espace d'imagination. Plus l'individu est "guidé" dans ses sensations (de l'image, du son, des odeurs, ...), plus son espace de liberté se réduit. Déjà la lecture fige une dimension par rapport à l'imaginaire pur. Lire est donc une activité bien plus libre que regarder une video par exemple. L'homme aura toujours un besoin très fort de liberté et se réfugiera alors dans l'activité de lire. En revanche, les nouveaux champs de la technologie future créeront de nouveaux usages et élargiront la palette des activités de divertissement possibles. Comme le dit Joël de Rosnay, la relation entre les futurs usages du divertissement ne seront pas du "OU" mais du "ET". Le livre électronique va créer de nouveaux usages qui viendront s'ajouter à ceux déjà existants avec le livre papier.
Malgré l'invention du téléphone, de la radio, de la télévision, de l'internet, la lecture comble toujours beaucoup de gens et il y a déjà 50 ans on aurait pu écrire le même article angoissant. Il ne faut pas oublier que l'homme reste le même, seul son environnement change. Ses besoins de liberté prendront toujours le dessus et la lecture restera à la hauteur de cet enjeu.
@ Adie
Je partage entièrement vos propos sur la lecture, mais si certaines exceptions (tel le fulgurant succès dans la jeunesse des sept gros volumes des aventures d'Harry Potter et les fans fictions qui en découlent) prouvent que les jeunes lisent bel et bien, je suis malgré tout un peu moins optimiste, ou, en tout cas, un peu plus réservé que vous.
L'environnement va beaucoup changer dans les années qui viennent et l'homme change parfois aussi (s'améliore espérons-le...).
Quant au e-paper il faut le considérer surtout comme un changement de support (l'e-paper devrait finir par s'imposer comme une alternative au papier, comme le parchemin s'imposa comme alternative au papyrus), mais les véritables enjeux sont au niveau des nouveaux usages, en effet.
Lorenzo Soccavo
@ Adie. Mon livre préféré est la Divine Comédie de Dante. Dans certains passages il nous demande d'écouter telle musique des Anges, telle Te Deum etc.Idem pour des bas reliefs et sans parler de Giotto. Eh bien si je ne connais pas ce type de musique je suis bien en peine de l'imaginer.Si je ne connais pas Giotto je suis bien en peine d'imaginer le sentiment de l'un pour l'autre. En mode papier je peux commencer à palier ces lacunes, Botticelli s'y est attaché. La numérisation nous permet d'aller plus loin encore. Elle n'inhibe pas mon processus imaginatif mais l'enrichi et mon espace de liberté s'agrandit au lieu de se rétrécir. C'est ce que j'ai essayé d'exprimer dans mes guides et mon papier sur l'écriture hypermédia. Ceci vaut pour l'auteur aussi, je ne cède pas à la facilité en recherchant la messe de Guillaume Dufay pour l'nauguration du Dôme de Florence, dont j'explique la construction par ailleurs, je la replace dans son contexte. Je décloisonne, comme me l'ont appris les artistes de la Renaissance.
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