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Le livre, l'édition et la presse à l'ère du numérique : e-ink, e-paper, e-books, e-readers, Second Life...
par Lorenzo Soccavo,
Prospectiviste de l'édition,
Conseil en stratégies de l'innovation et conférencier.
L’édition papier : fin d’un empire ou disparition des dinosaures ? Suite
Paradigme d'une "disruptive innovation", l'e-paper (quelle que soit au fond sa technologie d'affichage e-ink) relié à la culture Web 2.0, a forcément des effets déstructurant, contrecoups que l'édition classique tend à absorber en réduisant la portée de la révolution numérique à celle d'une palette de nouveaux outils intéressants et incontournables, hier en bureautique, aujourd'hui en production, bientôt pour la diffusion.
Mais c'est là ne s'intéresser qu'à la partie visible de l'iceberg, faire peu de cas des évolutions sociétales et culturelles et de ce qui nous attend dans ce siècle.
Certes, l'édition s'adapte, mais, je ne perçois pas une véritable dynamique de changement, à l'échelle des enjeux et des mutations en cours.
Il y a à peu près un an aujourd'hui, Clément Laberge (alors Directeur des développements numériques pour l'éducation, et depuis Directeur du développement numérique en charge de la définition de nouveaux modèles économiques, auprès du groupe Editis) me faisait reproche au cours d'un déjeuner de certains de mes propos que j'avais tenus dans une interview que j'avais donnée à Libération (Frédérique Roussel pour son dossier : XXIe siècle, le livre se déchaîne, dans Libération du 28 avril 2007).
J'y avais été, il est vrai, réservé sur la vision et l'ambition de l'édition en termes d'avenir du livre et de la lecture conçus autrement que comme des marchandises : « Les principaux freins, avais-je dit dans cette interview, sont de l'ordre du conservatisme... »
Un an après je pourrais tenir de nouveau les propos que je tenais dans cette interview : C'est la lecture qu'il faut sauvegarder...
Historiquement l'édition, telle que nous la concevons aujourd'hui, est apparue de la librairie vers 1730, les libraires étant alors eux intimement liés à l'impression et à la fabrication des livres.
Aujourd'hui, l'enjeu principal n'est pas dans la numérisation ou le développement de readers - ou liseuses
e-paper : il s'agit pour l'édition d'inventer un nouveau dialogue, avec les auteurs, et, avec les lecteurs.













en accord, Lorenzo, et j'allais ajouter : douloureusement...
De nouveaux dialogue sont à inventer, comme de nouveaux modèles, ce n'est pas simple mais c'est indispensable pour devancer les évolutions qu'a connue et que connait la musique par exemple...
Ce qui m'inquiète un peu dans tout ça, c'est que d'un côté on nous dit que l'édition ne veut pas renouveler le cauchemar vécu par l'industrie de la musique mais d'un autre côté, je ne vois pas grand-chose allant au-delà d'un simple copier/coller du business papier sur le business e-paper. N'y a-t-il personne chez ces décideurs pour voir tout le potentiel de l'e-paper comme complément au business papier, et non comme concurrent direct ? Faut-il vraiment passer par une démarche de distribution soigneusement verrouillée, avec un catalogue identique à celui de l'édition papier, alors que les exemples ne manquent pas pour montrer l'échec d'un tel système à long terme ? Est-ce ça que les utilisateurs de lecteurs e-paper attendent ? Quand je vois l'usage que j'en fais (consultation d'articles de fond et de livres blancs puisés sur le Net, trop fatigants à lire sur un écran, donc du contenu renouvelable), j'ai franchement un doute...
Lorenzo Soccavo
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