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ARCHIVES août 2006 - juillet 2008 du blog NouvoLivrActu
par Lorenzo Soccavo,
Prospectiviste de l'édition.
e-paper : où sont les éditeurs ?
Récemment affligé par la politique de certains grands groupes (voir mon post du 24 octobre dernier : Hachette met le livre français sous cloche) j'ai repris espoir hier en écoutant Stéphanie Chevrier, dans le cadre des 7ème Rencontres Tebaldo à Paris.
Stéphanie Chevrier est directrice littéraire au sein du groupe Flammarion. Elle prépare avec Tebaldo et l'auteur de thrillers et de romans d'aventure Henri Lœvenbruck l'édition e-paper du titre Le testament des siècles.
Pour Stéphanie Chevrier, l'édition e-paper est, je la cite scrupuleusement : « un marché supplémentaire ». Si l'éditrice insiste sur le fait que : « le papier électronique n'a pas vocation à remplacer le papier », elle déclare néanmoins clairement que ses confrères doivent aujourd'hui : « apprendre à éditer des ouvrages sur papier électronique... »
Le modèle éditorial que prône Stéphanie Chevrier et que je juge pour ma part pertinent repose, d'une part, sur une édition accompagnée de bonus (biographie, photos et interviews de l'auteur, musiques et sources écrites et iconographiques qui l'ont inspiré [par exemple, des reproductions de Durer pour Le testament des siècles], etc.), et, à terme, d'autre part, sur une lecture approfondie à plusieurs niveaux (documents annexes, cartes géographiques, extraits d'ouvrages cités, etc.).
Livres jeunesse et parascolaires, documents et romans historiques, biographies [« biographie d'un chef d'Etat, par exemple... » proposait notre éditrice : mais à qui pensait-elle ?] et romans de genre sont, en effet, bien adaptés à la base pour inspirer des éditions e-paper.
En parallèle ou après un succès en librairie, une édition e-paper pourrait en effet, sur le modèle des DVD avec bonus après projection en salles du film, donner une seconde vie à nombre de livres.
Pour Stéphanie Chevrier une édition e-paper doit être : « une variation supplémentaire et enrichie d'un ouvrage qui aurait connu un succès en librairie... » Un peu comme une édition poche, mais, avec les possibilités d'enrichissement de la lecture apportées par le e-paper. Et de citer avec pertinence le Da Vinci Code comme best-seller qui aurait connu une énième vie sur reader, avec de multiples bonus : photos et plans des lieux emblématiques de l'histoire, reproduction des tableaux cités, sources de l'auteur et documents historiques, énigmes supplémentaires, etc.
En conclusion : une édition e-paper se justifie si elle apporte un enrichissement éditorial au texte de base, et cela est possible si auteur et éditeur y mettent de la bonne volonté. Avec Stéphanie Chevrier et Henri Lœvenbruck c'est le cas.
De quoi réchauffer mon cœur de prospectiviste de l'édition ;-)


















C'est agaçant de voir que vous ne prêtez votre plume qu'aux poids lourds. Quand je vous ai fait parvenir, en septembre, mon retour d'expérience sur les Guides MAF : De l'écriture pour médianautes, aucun écho, alors que je suis allé aussi loin voir plus que Mme Chevrier ( tout compte fait il ne s'agit que d'un projet si j'ai bien compris).
Mais ce qui est désolant c'est le manque de discernement eu égard aux "e-éditeurs" qui seront un vecteur porteur et autrement plus réactif que les lourdauds que vous draguez.
Permettez-moi d'ajouter à ma précédente réflexion une invitation à jeter un coup d'oeil sur le manifeste Salviamo Leonardo : http://fourni16.perso.cegetel.net/Sauvons_Leonard.htm avant de réclamer une nlle version de ce tissus d'ânneries mal écrit qu'est le roman de Dan Brown. Visiblement nous avons quelques points de divergences si nous partageons en commun un goût pour les livrels.
OK je suis un gros méchant ! Cela dit je suis désolé de ne pas avoir donné suite à votre message. Je reçois une bonne petite centaine d'informations sur le e-paper etc. par jour et toutes les semaines plusieurs messages comme le votre. Je vais voir systématiquement, mais, je ne donne forcément pas de suites à tous. Vos Guides MAF ne sont actuellement disponibles à ma connaissance qu'au format PDF et ne sont pas directement liés à un projet e-paper.
Hervé Bienvault qui a pu prendre plus de temps que moi pour répondre à votre communiqué a testé votre guide sur le reader Iliad d'Irex Technologies d'où il ressort que vos guides, malgré leurs indéniables qualités, ne sont pas conçus pour des dispositifs e-paper (« les contenus multimédias très riches se révèlent bien décevant pour l'instant sur le papier électronique. Les fichiers PDF sont très lourds et les fonctionnalités vidéo et son ne fonctionnent pas. .. »)
Vous êtes allé plus loin en édition rich média certes et vous êtes sur un créneau porteur sur lesquels ceux que vous appelez "poids lourds" (je pense au Guide du Routard, Guide Michelin, etc.) développent aussi leurs projets, mais, à ce jour en tout cas, les supports e-paper ne me semblent pas les mieux adaptés à vos contenus.
Dans ce sens je constate souvent que l'e-édition qui s'est construite sur le Web ne sera pas forcément demain la mieux adaptée à l'édition e-paper et que cette dernière par les contraintes spécifiques qu'elle présente et dont certaines sont proches des contraintes liées au papier pourrait se révéler plus proche en fin de compte de l'édition, entre guillemets "classique".
Oui, il se pourrait bien que l'édition e-paper soit davantage proche de l'édition traditionnelle que de l'édition numérique...
Cordialement
Lorenzo Soccavo
En tant que lecteur je partage votre avis sur le livre concerné. Si vous me lisez bien, il ne s'agit pas, et il ne s'agissait pas dans les propos de Stéphanie Chevrier, de "réclamer" une nouvelle édition du Da Vinci Code. Il s'agissait juste d'illustrer avec un exemple parlant les cas dans lesquels une édition e-paper pourrait venir après un succès en librairies et ce qu'une telle édition e-paper pourrait apporter de plus...
Dans ce sens l'exemple est à mon avis pertinent.
Il s'agit en l'espèce davantage de marketing que de débats littéraires.
Les questions sont : quoi et comment, pourquoi et pour qui éditer sur e-paper ?
Cordialement
Lorenzo Soccavo
1) Moi on s'en fout. Les Guides MAF testés par Hervé datent de mars 2007 depuis les choses ont évoluées, j'ai tenu compte de ses remarques et des tests que j'ai effectués ensuite. Il existe des versions papiers ;-), noir et blanc, couleur, avec ou sans musique en mode image ou en mode texte etc... mais peut importe.
D'ailleurs un type comme Hervé porte ses fichiers PDF (Abicia est une expérience intéressante a cet égard) sur Iliad sans problème. E-Web E-paper même combat.
2) Au contraire le débat littéraire reste le seul intéressant, le suppport n'est qu'un outil et une une version e-paper, hypermédia il s'entend, d'un ouvrage à vite oublier, ne peut transformer cet ouvrage en perle ? Car le marketing, vous mettez le doigt dessus, n'a qu'un but: faire vendre. Dans un autre registre une chanson merdique avec un super clip reste une chanson merdique. Et j'ai peur que l'enrichissement hypermédia d'une daube soit aussi de la daube. Je sens poindre les versions e-paper-kleenex d'un livre.
Quant à votre dernière question elle sent trop l'homme de marketing. Désolé.
Cordialement (et c'est sincère) MAF
Désolé : je suis prospectiviste pas polémiste.
Bonsoir.
Lorenzo Soccavo
Loevenbruck et al. : En clair des non-livres sur papier qui deviendront des non-livres sur papier électronique.
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