Philosophe du numérique
Sous le titre : "L'humain est une enveloppe, Facebook est son message", Luis de Miranda, éditeur et essayiste publie sur son blog libé un article remarquable sur l'humain et le numérique. Extrait :
Facebook est, en direct, une expérience tragique, belle et douloureuse. Sartre parlait de l’incommunicabilité des êtres. Et c’est bien ce qui se joue à chaque instant au fil des statuts et des posts: la volonté de formes vivantes de trouver un analogue, un double, une structure qui résonnerait, vibrerait selon la même fréquence. Mais aussi semblables que les artifices de la société tentent de nous rendre (le langage, la culture, les expériences partagées du divertissement ou des rites), nous restons tous radicalement différents les uns des autres: nous sommes, comme le disaient Bergson puis Deleuze, des gerbes de création en devenir et reconfiguration incessante, dont seul l’effet de surface est commun. Facebook met en jeu, en temps réel, cette gesticulation humaine: celle d’une série d’entités individuelles étrangères les unes aux autres cherchant leur impossible double.













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