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Avec la dématérialisation des contenus, l'industrie culturelle (musique, audiovisuel, livre) entre dans une nouvelle ère. De nouveaux modèles émergent et beaucoup restent à inventer, autant dans la recherche de financement, dans le marketing que dans la création...

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Quelques limites de Facebook

Facebook, qui dépassera peut être bientôt définitivement Myspace, a apporté de nouvelles idées à l'univers du Web 2.0, qui ont été largement reprises par ses concurrents depuis.

On peut notamment penser au système de "feeds" et à celui des applications que des sociétés tierces peuvent facilement créer elles mêmes.

Le potentiel en matière de diffusion est réel, les feeds permettant une information instantanée, indirecte mais souhaitée. Ils ne sont pas intrusifs dans le sens où l'utilisateur les accepte.

Néanmoins, le modèle économique de Facebook peut paraître fragile, par rapport à Myspace par exemple ou par rapport aux réseaux professionnels comme LinkedIn.

En effet, comme la majorité des sociétés Web 2.0, son financement passe d'abord par la publicité, qui est un marché très volatile, bien qu'en forte croissance actuellement partout dans le monde sur internet. De plus, les publicités sur le site sont peu visibles et se perdent facilement dans la masse d'information. Le fait de ne pas toujours distinguer ce qui est de la pub ou ne l'est pas, peut par contre être un atout.

En terme de diversification, Facebook attends beaucoup des "objets virtuels" à la vente. Comme les gifts à 1 ou 2 dollars. Mais l'intérêt des utilisateurs passe vite pour ce genre d'objets.

En terme d'approche utilisateur, Facebook a eu une stratégie très ingénieuse, en s'adressant d'abord aux étudiants puis en s'ouvrant ensuite à une population plus large. Celà lui a permis d'acquérir une certaine base d'utilisateur fidèle qui ont ensuite joué le rôle de prescripteur. Cette stratégie a aussi eu pour effet d'attirer une classe de la population plus âgée que celle d'autres réseaux sociaux libres d'accès. Ces derniers étant peut être plus fidèles que les plus jeunes à la plate forme de leur choix.

A l'inverse de Myspace depuis deux ans, Facebook a continué d’innover pour conserver ses utilisateurs et ne pas se faire dépasser par des services plus innovants.

Mais c'est peut être dans ces outils particulièrement efficaces que résident les faiblesses de facebook.

Facebook au départ est en effet un service très abdictif. On peut y passer plusieurs heures par jour à parcourir les pages de groupe ou à interagir avec nos amis. Mais, à la longue le manque de contenu intéressant ou de qualité joue en la défaveur du site. Très rare sont par exemples les groupes vraiment dynamiques. En moyenne (sur les 5 groupes les plus populaires en France) 2% des inscrits participent, principalement pour rajouter un petit commentaire de bonjour ou d'encouragement. Sur le profil des utilisateurs, le constat est un peu le même. L'échange entre ami se réduit à quelques bières ou des "hug". Il semble aussi exister une certaine réticence à ajouter des commentaires sur le profil de ses amis, du fait que tout le monde est au courant instantanémént. Par contre, Facebook reste incontestablement un très bon site pour retrouver des amis perdus de vue, et une de ses forces majeures par rapport à Myspace (et d'autres réseaux sociaux) est justement que les personnes mettent leur vraie identité, ce qui rend le service plus attractif au début pour l'utilisateur.

Le manque de possibilité de personnalisation est aussi assez frustrant. Et les services de musique et de vidéo sont viralement moins intéressant que sur d'autres sites (Jamendo, Last Fm, Pandora, etc.) Pour des sociétés, Facebook n'a que peu d'intérêt. Les groupes offrent trop peu de possibilité et sont insuffisament consultés. Les différentes requests et mailings que l'on peut envoyer se perdent dans la masse. Les profils sont uniquement accessibles aux inscrits et atteindre des centaines d'amis pour avoir un minimum de visibilité demande un long travail...

En ce qui concerne les applications, elles étaient la révolution de l'année 2007 et ont beaucoup contribué au buzz autour du site. Les concurrents de Facebook ont pris du temps à répondre ce qui lui a permis de gagner en popularité. Mais en y regardant de plus près, ces applications ont aussi leur propre limite. Tout d'abord, pour facebook elles ne sont pas rénumératrices mais consomment de la bande passante. Les sociétés conservant l'intégralité des revenus de la publicité générés par elles. Ensuite, elles souffrent de "l'effet visibilité"innhérent au web. Les applications les plus visibles sont massivement utilisées, et les autres sont délaissées. La long tail ne semble pas se vérifier. La diffusion des aplications est moins libre qu'au début. Il est devenu courant de devoir les transmettre à 15/20 amis pour pouvoir les utiliser (les quizz par exemple), ce qui limite leur intérêt et la diffusion spontanée.

Ainsi, le modèle sur lequel repose Facebook me semble fragile. Sa principale valeur ajoutée, le réseau d'amis, pourrait être atténuée par les "agrégateurs" d'identité numérique. Ceux ci pourraient accélerer le nomadisme d'un réseau à l'autre, les utilisateurs choississant alors ceux qui répondent le plus à leurs autres besoins: personnalisation, mobilité, contenus de qualité faciles à trouver, etc. Besoins auxquels Facebook répond peu (à part celui de mobilité).

Parallélement, la forte dépendance de Facebook aux revenus de la publicité pourrait se retourner contre lui. La situation économique n'est pas trop favorable à cette forme de financement, et sa valorisation boursière théorique devrait certainement être revue à la baisse. (15 Milliards de dollars pour un service si peu rentable étant bien trop, malgré le potentiel de développement qui semble néanmoins surestimé au vue des évolutions actuelles...).

Il est donc fort probable que Facebook ait à ouvrir plus largement son capital pour financer son internationalisation. Ses financeurs potentiels, comme ca a été le cas pour Myspace seront surement plus regardant sur la rentabilité du service que sur "l'utilité" apportée aux utilisateurs. On assistera peut être au même phénomène que sur Myspace, où l'objectif présent est de monetiser l'audience et non plus tellement d'attirer de nouveaux membres. Ce qui laissera une place pour un ou plusieurs nouveaux acteurs qui sont certainement déjà en train d'émerger actuellement, et qui devront se différencier un peu pour percer durablement...

 

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