Ebook: Une responsabilité sociale des éditeurs?
La musique et la vidéo
Dans la musique et le cinéma, Internet a entraîné de profonds bouleversements des usages, des modèles économiques et juridiques.
De nouveaux acteurs, principalement américains tels Apple (itunes et ipod), Myspace ou encore Youtube ont profité de ces changements pour se développer et déployer leurs services à travers le monde. Avec eux, c'est tout un modèle de société qui s'est diffusé, celui d'outre atlantique.
Aux Etats-Unis, comme dans certains pays d'Europe, la culture est considérée comme un bien économique identique aux autres. Les droits de reproduction et d'exploitation sont soumis à la « common law » très avantageuse pour les sociétés, mais beaucoup moins pour les auteurs. Ce texte de loi favorise une certaine culture de masse au détriment de la diversité, et est moins favorable aux droits moraux et pécuniaires des auteurs.
Dans la musique en ligne par exemple, il est presque devenu banal de ne pas payer les auteurs, et le concept de licence global ne leur assurerait que des revenus très limités. On assiste ainsi progressivement à une désacralisation de la création artistique, même dans notre pays alors que celle-ci est au cœur de notre identité.
Le secteur du livre
Dans le livre, les changements ont été moins rapides et le secteur est resté relativement protégé. La lecture en ligne est désagréable même pour les plus jeunes et les lecteurs epaper, bien qu'à présent très aboutis, restent chers. En France, les auteurs, malgré leur talent variable, restent respectés dans leur processus créatif et sont rémunérés honnêtement quand ils sont édités.
En ce qui concerne le numérique, on perçoit un certain scepticisme de la part des grands acteurs de l'édition, des éditeurs de logiciels ou de services sur Internet et des constructeurs électroniques. Dans la tradition française de ces vingt dernières années, ils optent pour une stratégie de « suiveur », c'est-à-dire qu'ils observent l'évolution des usages et si ils se généralisent ils proposent leur propre offre.
C'est ainsi que notre pays a raté de formidable opportunité économique sur Internet alors que nous possédions les capacités technologiques et les connaissances pour créer sur notre sol des sociétés telles que Google, Yahoo, Amazon, Myspace, Digg, Youtube ou encore Second Life.
Et ce constat risque de se répéter dans le secteur de l'édition alors qu'à terme le succès des lecteurs epaper est presque certain ainsi que les évolutions qu'ils vont entraîner. Pourtant, la France, technologiquement parlant est au même niveau que les Etats-Unis, Taïwan, le Japon ou la Chine en ce qui concerne l'epaper, les lecteurs, la numérisation et les logiciels de création d'ebooks grâce à quelques Starts Up dynamiques (Mobipocket qui appartient à présent à Amazon, Booken, 4D Concept, M21 Editions, Nemoptic, etc.). Il manque uniquement à ces sociétés un soutien financier fort pour s'internationaliser que les grands acteurs de la chaîne de l'édition pourraient leur offrir.
Mais à cause de cette situation d'attentisme, la plupart de ces sociétés se feront soit rachetées par des entreprises étrangères pour acquérir leur technologie, soit elles resteront cantonnées au niveau national malgré la qualité de leur service.
Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, les industriels prennent des risques depuis plusieurs années et commencent à avoir de l'avance sur nous en industrialisant leurs processus de création et de diffusion. Une fois encore, se sont leurs services qui risquent de se généraliser et avec eux leur conception du livre.
Dans les vingt prochaines années, le secteur de l'édition en France pourrait connaître une crise équivalente à celle de l'industrie musicale actuellement. Si les lecteurs epaper et les ouvrages numériques connaissent le succès qu'on leur prédit, les librairies puis les diffuseurs perdraient leur raison d'être.
En (...)
Crise aux USA, une chance pour les Start Up européennes?
Alors que la situation se déteriore aux USA, suite à la crise des subprimes, l'économie Européenne reste à peu près stable pour le moment.
Cette situation pourrait être très favorable au rachat de société américaine prometteuse par des acteurs européens.
Pendant les crises économiques, même passagère, le marché de la publicité baisse de manière quasi automatique. Sur Internet, ce constat se vérifie aussi et le marché devrait connaître une croissance moindre que l'année précedente. Celà fragilise les modèles économiques de nombreuses sociétés, dont les business model se base principalement sur la publicité. La valorisation de certaines stars du Web 2.0 (facebook, digg, twitter, etc.) vont certainement être revue à la baisse et pourrait donner lieu à des acquisitions intéressantes.
Avec un euro fort et un marché publicitaire en croissance sur Internet, les sociétés européennes pourraient être en situation de force si elles saississent leur chance ;) Et ce d'autant plus, que nos banques et nos fonds d'investissements ont moins souffert de la crise financières ce qui facilite de potentielle levée de fonds...
Cette situation présente aussi des opportunités pour les entreprises américaines "traditionnelles" qui souhaitent investir sur Internet et qui ont d'important fonds propres. On peut par exemple penser aux sociétés de téléphonie mobile, aux fournisseurs d'accès, aux fabricants éléctroniques et de logiciels.
Windows pourraient peut être ainsi acheter à bon compte des sites web captant une forte audience à un coût moindre pour rattrapper Google sur le marché de la publicité en ligne, alors même que ce dernier devrait être un peu affaibli par la crise actuelle...
Applications sur Myspace: C'est parti!!!
Ce matin, j'ai recu une première invitation de Myspace pour utiliser une des applications les plus populaires sur Facebook: "Beer", qui permet d'offrir des bières à ses "amis".
Les applications, qui utilisent la technologie de l'open social (initiative lancée par Google), sont donc officiellement disponibles. (cf: article sur techcrunch)
Curieux, j'ai accepté l'invitation et je dois avouer que je suis vraiment décu. Alors que sur Facebook, l'intégration et l'utilisation sont très simples, rapides et intuitives, sur Myspace je n'ai toujours pas vraiment pu utiliser l'pplication.
Pourtant les applications devraient augmenter le regain d'intérêt des utilisateurs pour Myspace, ou tout du moins les inciter à retourner sur leur profil pour tester les nouveautés. Mais la dimension virale (par rapport à facebook) me semble limitée et pas optimisée à l'interface de Myspace.
Dans les mois prochains, je pense que Myspace verra son audience réaugmenter, puis elle recommencera probablement son déclin. C'est dommage que le site, qui pendant plusieurs années avaient été capables d'anticiper et de répondre aux besoin des utilisateurs, ne fassent plus que reproduire les innovations de ses concurrents sans même les améliorer. Celà est peut être du à l'influence de sa maison mère (Newscorp), dont la préoccupation première semble être la rentabilisation du service plutôt que son évolution "technologique".
A terme, Myspace pourrait vraiment se faire distancer par de nouveaux arrivants, alors même que le phénomène de buzz s'institutionalise par le biais de relais incontournables (des blogs prescripteurs par exemple: techcrunch, Mashable, etc.) et que certains sites peuvent connaître des progressions à trois chiffres voire à dix chiffres pour Fubar (dont le modèle m'impressionne de plus en plus...)
Si celà se confirme, Myspace restera un cas d'école sur les bonnes pratiques du marketing viral dans un premier temps, puis ses limites dans un second temps.
D'un autre côté, celà peut aussi nous amener à nous interoger sur le modèle le plus pertinent pour le web 2.0. A savoir: Une très forte audience ou bien une rentabilité confortable...
Fubar, buzz de l'année 2008?
Après Myspace en 2006, et Facebook en 2007, voici un nouveau réseau social qui va certainement faire parler de lui : Fubar
D'après l'article de Techcrunch, le site aurait connu une croissance de plus de 3 000 000 de % en nombre de visites sur une période d'un an.
Le site est plus dans la lignée de Myspace, que de Facebook. Il laisse une très grande place à la personnalisation des pages, et les membres utilisent des pseudos plutôt que leur vrai nom. L'information est très peu structurée et il y a du contenu de partout. Fubar cible surtout les jeunes et pour un usage non professionnel.
Les publicités (il n'y a pas de bannières publicitaires) et les applications sont intégrées intelligement. Par exemple quand vous remplissez votre profil, dans les catégories passions, musiques, cinéma, on vous propose d'intégrer facilement les applications des partenaires.
L'aspect viral est assuré par les sacro saints liens d'amis ou de fans, les commentaires, le suivi des activités de ses amis, etc.
Mais, et c'est en celà que Fubar est intéressant, le site va plus loin. L'activité sur le réseau social se déroule un peu comme un jeu de rôle. Plus vous participez, plus vous gagnez des points et alors de nouvelles fonctionnalités se débloquent (vous pouvez aussi payer pour les débloquer immédiatement).
Ainsi, les utilisateurs parcourent beaucoup plus facilement les profils des autres et sont incités à voter, laisser des commentaires, offrir des "cadeaux" (disponibles eux aussi selon les "point de participation").
Il y aussi des chats thématiques, des jeux, etc. Le site est très riche en option et je n'ai pas encore fini de le parcourir.
Mais de manière générale, Fubar semble avoir été capable de rassembler les options les plus intéressantes des réseaux sociaux (option de base de myspace, feed de facebook, possibilité de voir qui vient sur votre page, etc...) pour créer un service riche et extrêment viral.
A mon sens, à l'inverse de Facebook qui cible une autre partie de la population, Fubar joue dans la même catégorie que Myspace et devrait lui faire fortement concurrence dans les mois/années qui viennent.
Et son système de financement (avec des options payantes non discriminantes) me semble plus solide qu'un simple financement par la publicité. Et ce point s'inscrit dans la lignée d'un modèle de la gratuité par lequel on propose des services gratuits pour attirer les internautes et on propose aux plus "captifs" des services payants... Fubar est très abouti pour celà.
- 12.03.2008
- videoblog de laurent
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Quelques limites de Facebook
Facebook, qui dépassera peut être bientôt définitivement Myspace, a apporté de nouvelles idées à l'univers du Web 2.0, qui ont été largement reprises par ses concurrents depuis.
On peut notamment penser au système de "feeds" et à celui des applications que des sociétés tierces peuvent facilement créer elles mêmes.
Le potentiel en matière de diffusion est réel, les feeds permettant une information instantanée, indirecte mais souhaitée. Ils ne sont pas intrusifs dans le sens où l'utilisateur les accepte.
Néanmoins, le modèle économique de Facebook peut paraître fragile, par rapport à Myspace par exemple ou par rapport aux réseaux professionnels comme LinkedIn.
En effet, comme la majorité des sociétés Web 2.0, son financement passe d'abord par la publicité, qui est un marché très volatile, bien qu'en forte croissance actuellement partout dans le monde sur internet. De plus, les publicités sur le site sont peu visibles et se perdent facilement dans la masse d'information. Le fait de ne pas toujours distinguer ce qui est de la pub ou ne l'est pas, peut par contre être un atout.
En terme de diversification, Facebook attends beaucoup des "objets virtuels" à la vente. Comme les gifts à 1 ou 2 dollars. Mais l'intérêt des utilisateurs passe vite pour ce genre d'objets.
En terme d'approche utilisateur, Facebook a eu une stratégie très ingénieuse, en s'adressant d'abord aux étudiants puis en s'ouvrant ensuite à une population plus large. Celà lui a permis d'acquérir une certaine base d'utilisateur fidèle qui ont ensuite joué le rôle de prescripteur. Cette stratégie a aussi eu pour effet d'attirer une classe de la population plus âgée que celle d'autres réseaux sociaux libres d'accès. Ces derniers étant peut être plus fidèles que les plus jeunes à la plate forme de leur choix.
A l'inverse de Myspace depuis deux ans, Facebook a continué d’innover pour conserver ses utilisateurs et ne pas se faire dépasser par des services plus innovants.
Mais c'est peut être dans ces outils particulièrement efficaces que résident les faiblesses de facebook.
Facebook au départ est en effet un service très abdictif. On peut y passer plusieurs heures par jour à parcourir les pages de groupe ou à interagir avec nos amis. Mais, à la longue le manque de contenu intéressant ou de qualité joue en la défaveur du site. Très rare sont par exemples les groupes vraiment dynamiques. En moyenne (sur les 5 groupes les plus populaires en France) 2% des inscrits participent, principalement pour rajouter un petit commentaire de bonjour ou d'encouragement. Sur le profil des utilisateurs, le constat est un peu le même. L'échange entre ami se réduit à quelques bières ou des "hug". Il semble aussi exister une certaine réticence à ajouter des commentaires sur le profil de ses amis, du fait que tout le monde est au courant instantanémént. Par contre, Facebook reste incontestablement un très bon site pour retrouver des amis perdus de vue, et une de ses forces majeures par rapport à Myspace (et d'autres réseaux sociaux) est justement que les personnes mettent leur vraie identité, ce qui rend le service plus attractif au début pour l'utilisateur.
Le manque de possibilité de personnalisation est aussi assez frustrant. Et les services de musique et de vidéo sont viralement moins intéressant que sur d'autres sites (Jamendo, Last Fm, Pandora, etc.) Pour des sociétés, Facebook n'a que peu d'intérêt. Les groupes offrent trop peu de possibilité et sont insuffisament consultés. Les différentes requests et mailings que l'on peut envoyer se perdent dans la masse. Les profils sont uniquement accessibles aux inscrits et atteindre des centaines d'amis pour avoir un minimum de visibilité demande un long travail...
En ce qui concerne les applications, elles étaient la révol (...)
Internet et Gratuité
Les modèles économiques sur Internet sont fondamentalement différents de ceux de l'économie réelle. La dématérialisation des biens, notamment culturels, tend à rendre leurs couts de stockage et de diffusion proche de 0.
Pour leur part, les Internautes ont été habitués à la gratuité sur le Web. Leur propension à payer est très faible, et les sociétés pour capter ces consommateurs potentiels doivent s'adapter et basent leur modèle de développement sur la gratuité financée par la publicité. Cette stratégie économiquement est rarement viable à long terme, seuls les leaders de chaque marché sont capables d'attirer suffisament de revenus publicitaires. Les autres sociétés doivent essayer d'atteindre une masse critique séduite par la gratuité et offrir ensuite des services payants aux utilisateurs les plus captifs.
Ce modèle (on parle de "marché à deux versants") se vérifie bien pour le Web 2.0. Presque tous les grands acteurs comme Facebook, Myspace, Second Life, les plates formes de blog, ont commencé par offrir des services totalement gratuits pour séduire les internautes avec des applications très virales puis ils ont cherché des nouvelles sources de revenus (vente de musique, gifts payants, achat d'espace sur SL, etc.) qui réduisent rétroactivement la libre diffusion des contenus et laissent ainsi une place potentielle pour de nouveaux entrants (dans le cas de Myspace vs Facebook, en 2006/07 la priorité de Myspace était de rentabiliser sa plate forme et celle de Facebook d'attirer un maximum de nouveaux utilisateurs pour atteindre sa masse critique).
Myspace, qui reste actuellement le premier réseau social en terme de fréquentation et qui a surtout été capable de rentabiliser son activité, semble donc un bon exemple pour illustrer ces propos.
C'est pourquoi j'ai choisi cette société, pour rédiger un mémoire sur le modèle de la gratuité sur internet.
Titre du mémoire: "Le modèle de la gratuité appliqué à la diffusion culturelle sur Internet: Le cas de Myspace"
Lien provisoire (pdf): http://www.box.net/shared/k82rn5tkw0
En format mobipocket: http://www.box.net/shared/z5hm3pqcks
(Je vous conseille la lecture en format mobipocket. Pour lire le document il vous suffit de télécharger Mobipocket Reader: http://mobipocket.com/en/DownloadSoft/ProductDetailsReader.asp, ca prend une minute et la lecture est bien plus agréable et le logiciel plus interactif qu'adobe.)
Laurent.












