Communauté usages, management, prospective... autour du digital. Publiée par M21.

Sur la vie chez Google et les méthodes de management

Deux sites nous donnent des éclairages intéressants sur la vie chez Google. Le premier est le site de la BBC qui présente un petit reportage sur le centre de recherche de Google à Zurich qui ne nous montre jamais personne en train de travailler mais nous propose des moyens originaux de se déplacer dans un bâtiment, d'aller au restaurant, le second est le récit d'un recrutement raté suivi de plusieurs commentaires dont l'un très intéressant d'un ingénieur de Google qui a, lui-même, procédé à un très grand nombre d'interviews.

 

Réunion à la Cantine

Réunion très sympathique et instructive hier soir à la Cantine avec des exposés de Malo Girod de l'Ain, du directeur technique d'une start-up qui nous a parlé des barcamps, mashups et autres lieux de socialisation des geeks et de moi-même sur l'innovation chez Google et, surtout, de très riches interventions d'un public varié (ce qui a contribué à la richesse des échanges). Plus qu'une conférence à l'ancienne, ce fut une sorte de conversation à plusieurs sur l'innovation. J'en retiendrai les deux idées suivantes :

- il y a plusieurs manières de gérer l'innovation. Le Xerox historique, Apple et Google sont trois entreprises innovatrices qui ont suivi des chemins très différents ;

- l'un des secrets de la Silicon Valley est sa capacité à faciliter les échanges d'idées, d'informations, de savoir-faire entre informaticiens,

Une expérience à recommencer.

Interview sur Fréquence Protestante

Mchèle Gaillard de Fréquence Protestante (100.7 pour les parisiens) m'a invité à parler de mon livre sur Google dans son émission de 12h à 13h. Elle pose en général des questions très pointures et sait tirer le meilleur de ses invités.

On peut pendant quelques jours écouter cette émission sur le site de la radio.

Yahoo! rejoint OpenSocial

Bénéfice secondaire pour Google de l'offensive de Microsoft sur Yahoo! : l'annonce que Yahoo rejoindra en avril Open Social, la plateforme sociale que Google a développée pour contrer Facebook (société dans laquelle Microsoft a massivement investi il y a quelques mois). Ce faisant, Yahoo va rejoindre plusieurs acteurs importants (Myspace, Bebo, Six Apart, Hi 5), conforter le projet de Google de créer une norme et… rendre la pillule un peu plus amère encore pour Microsoft.

Google supprime des icônes

Il y a quelques jours, Google a supprimé sur GoogleDocs les icones couper-coller.  Si l'on veut couper-coller, il faut dorénavant utiliser les raccourcis clavier (CTRL+X, CTRL-V). Cela simplifie l'écran  mais si Google a fait ce choix audacieux (qui suppose que tous ses utilisateurs connaissent ces raccourcis), c'est sans doute qu'il a pu observer que personne n'utilisait plus les icônes pour effectuer ces opérations. Dans sa documentation, Google donne une liste de raccourcis : il y en a 47. Il serait intéressant de savoir combien sont réellement utilisées et avec quelle fréquence.

On a là, en tout cas, une piste poour la simplification de nos écrans.

Le commerce électronique va modifier nos comportements d'acheteurs

Le commerce en ligne pourrait modifier profondément nos comportements d'acheteurs. Il réduit considérablement les coûts de la recherche (de ce que les économistes appellent le search et la transaction). Soit, par exemple, l'achat d'une machine à laver la vaisselle, bien banal s'il en est. Nous connaissons tous le nom de distributeurs spécialisés comme Darty… Sans internet, il faut se déplacer, se rendre dans le magasin, attendre un vendeur, bavarder quelques instants avec lui puis aller jusqu'à son bureau où il vérifie la disponibilité de la machine que l'on a choisie, organise la livraison, édite la facture que l'on va régler à la caisse où il faut en général faire une nouvelle fois la queue. Tout compris, cela représente entre une et deux ou trois heures de "travail" (selon que l'on a plus ou moins se déplacer et que l'on visite le magasin un jour de plus ou moins grande affluence). Sur internet, tous ces coûts de transaction disparaissent pratiquement, il suffit de quelques minutes pour choisir, passer commande, organiser la livraison et payer. Et ceci sans la moindre contrainte puisqu'on peut le faire à toute heure du jour ou de la nuit et sans le moindre déplacement.

On peut se demander si cela peut avoir un impact sur la nature de nos achats. Reprenons l'exemple de la machine à laver la vaisselle. Les écarts de prix vont en gros du simple au double, de 355 à 700€. Les capacités et les fonctions étant pour l'essentiel comparables, la différence principale (la question que l'on pose le plus souvent au vendeur) porte sur la résistance, la durabilité. Cette machine est-elle plus fiable? durera-t-elle plus longtemps que telle autre?

Cette question est évidemment pertinente, mais on la pose d'autant plus volontiers que l'achat d'une machine à laver est une opération plutôt pénible (qui aime vraiment passer une après-midi à faire la queue chez Darty?). Si cette opération ne prend que quelques minutes, la réitérer plus régulièrement cesse d'être un problème. On peut alors s'en remettre au calcul économique. Prenons deux machines, l'une de bas de gamme, qui durera 5 ans sans poser de problèmes, et l'autre de haut de gamme qui promet de durer 8 ans sans poser plus de problème. Dans les deux cas, les prévisions de fonctionnement sans incidents sont de l'ordre de la conjecture : ni les fabricants ni les distributeurs ne s'engagent sur une plus grande fiabilité, ils suggèrent seulement une corrélation entre prix et durabilité. La première de nos deux machines vaut 355€, et selon toute probabilité nous la changerons dans 60 mois, la seconde 700€, et nous la changerons, si tout va bien, dans 96 mois. Laquelle faut-il acheter? La première, celle de bas de gamme, qui nous coûtera 6€/mois plutôt que la seconde qui nous coûtera, pour un service équivalent, 7,3€ par mois).

Je ne sais si ce raisonnement s'applique à tous les produits, mais dans ce cas précis, celui de produits banals qu nous connaissons tous très bien, le commerce sur internet qui réduit les coûts de transaction devrait favoriser les produits le meilleur marché.

Google finance intégré dans la recherche

Est-ce nouveau? C'est, en tout cas, la première fois que je le remarque. Lorsque l'on fait une recherche sur le nom d'une entreprise (Apple, Amazon, General Motors…), Google vous propose le cours de l'action de l'entreprise comme on peut le voir ici :

 

 

 

 

Et si l'on clique sur cette ligne, on tombe sur un résumé de la page Google Finance consacrée à l'entreprise :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela s'inscrit dans cette logique de l'intégration que Google développe depuis quelques mois qui doit lui permettre de faire profiter ceux de ses produits qui sont à la traine du succès de son moteur de recherche. On retrouve la même démarche dans cette innovation, que l'on ne voit pas encore semble-t-il en France, mais que signale Philippe Lensen, qui consiste à intégrer un rectangle de recherche sous le nom des sociétés qui font du commerce, comme Amazon :

 

 

 

 

 

Ce n'est pas inutile, mais… tout cela prend de la place sur la page des résultats, rend sa lecture plus difficile et brouille ce qui a fait son succès : le minimalisme de ses pages.

 

Dormir, réver, travailler?

C'est une image que j'ai trouvée chez Reuters. Un ingénieur en train de faire une pause, à moins qu'il ne rêve, image d'intimité, de solitude, de calme qui tranche avec celles que l'on voit d'ordinaire dans les entreprises américaiens qui agglutinent souvent leurs salariés dasn des espaces étroits.

Infopresse : conférence au Canada

J'ai donné la semaine dernière une conférence à Montréal (alors sous la neige et le plus grand froid, -17°), conférence organisée par Infopresse, un groupe de presse un peu comparable à CBNews en France, qui a su trouver là un créneau porteur. Ils organisent, si j'ai bien compris, une conférence hebdomadaire avec deux ou trois conférenciers (il yavait dans celle à laquelle j'ai participé James Surowiecki, l'auteur d'un livre sur les foules intelligentes, et Stéphane Gauvin, un universitaire spécialiste du marketing). Le tout ne dure pas plus d'une matinée et s'achève sur un repas. La formule est manifestement un succès puisqu'il y avait pour la conférence à laquelle j'ai participé environ 160 personnes dans la salle.

Le tout a été suivi de plusieurs interviews (entrevues disent nos amis canadiens), dont celle-ci réalisée parMarie-Claude Ducas.

Un obstacle au rapprochement Microsoft, Yahoo! : la tendance au monopole de publicité sur les moteurs de recherche

Search engine land vient de publier le mail que Kevin Johnson, le directeur général de la division Platforms & Services de Microsoft a adressé à ses collaborateurs début février pour leur expliquer l'offensive sur Yahoo!. Document intéressant qui éclaire sur les intentions de Microsoft dans le cadre du rachat de Yahoo!, mais également sur les motifs qui l'ont amené à se lancer dans cette aventure.

Le marché publicitaire est, naturellement, la cible visée et l'objectif est de proposer une alternative à Google. Johnson insiste sur les contacts qu'il a dans le monde de la publicité et sur le souhait de beaucoup d'agences de voir se renforcer la concurrence. Elles veulent, dit-il, une deuxième source pour pouvoir négocier plus facilement. Il a raison. C'est logique et naturel. Reste à vérifier que l'on peut avoir deux sources sur un marché comme celui de la publicité sur les moteurs de recherche.

Il faut, dans cette affaire, distinguer agences et annonceurs. Les agences ont intérêt à avoir affaire à plusieurs opérateurs pour négocier des prestations plus nombreuses auprès de leurs clients anonceurs, mais ceux-ci ont tout intérêt à aller sur le moteur qui attire le plus de visiteurs. Les annonces y sont plus chères, mais les chances d'attirer des clics y est plus importante. Si le marché avait l'allure d'un oligopole ou d'un duopole, avec quelques moteurs de recherche qui se partagent de manière à peu près équitable le marché (quelque chose comme 45/55% dans le cas d'un duopole, comme 40% pour le leader, de 20 à 30% pour les autres acteurs dans le cas d'un oligopole), les annonceurs devraient partager leurs investissements publicitaires entre plusieurs acteurs, mais sur un marché qui tend au monopole, comme c'est actuellement le cas, ils n'ont d'autre solution que d'aller vers le leader.

Pour que l'alliance Microsoft-Yahoo! soit efficace sur le marché de la publicité sur les moteurs de recherche (à ne pas confondre avec celui sur les emails et les portails) il faudrait qu'elle renverse cette tendance à la création d'un monopole. Or, c'est un objectif qui parait diffcile à atteindre tant les mécanismes en oeuvre sur marché tendent tous vers le renforcement des positions du leader :

- le rôle de la réputation dans le choix d'un moteur pour les nouveaux venus,

- l'évolution des comportements des internautes : plus ils utilisent un moteur de recherche plus ils ont d'occasions de l'utiliser. Ceux qui utilisent le plus régulièrement les moteurs de recherche les utilisent pour un nombre toujours croissant d'applications (trouver des sites, recherche d'une adresse, d'un itinéraire…). Le moteur qui attire les internautes les plus actifs voit donc sa fréquentation augmenter naturellement. Or, c'est actuellement Google qui attire les visiteurs les plus assidus,

- les choix des éditeurs de sites : ils sont de plus en plus nombreux à proposer à leurs visiteurs un moteur de recherche incrusté dans leurs pages. Ils choisissent toout naturellement le moteur le plus utilisé par leurs visiteurs, c'est-à-dire Google,

- les liens avec les navigateurs : Google entretient des relations étroites avec Firefox le navigateur qui monte qui en a fait son moteur de recherche par défaut.

Google fait de la publicité en Russie

Cette vidéo très amusante que l'on peut voir sur Youtube est une publicité que Saatchi-Saatchi a réalisée pour la filiale russe de Google, d'après le site russe Advertka. Le film est très réussi, mais que Google lance une campagne publiictaire pour l'un de ses produits est une nouveauté qui doity être soulignée. Jusqu'à présent le moteur de recherche se contentait du bouche à oreille pur faire connaître ses produits. Signe de maturité? Peut-être. Mais j'y vois autre chose : la difficulté de progresser sur le marché du courrier électronique lorsqu'on a une position d'arrivant tardif. Gmail est arrivé en Russie alors que le marché est depuis plusieurs années dominé par Mail.ru.

La difficulté vient de l'inertie propre à ce marché : es utilisateurs qui ont donné leur adresse ne changent pas si facilement de serveur de messagerie. Même s'ils essaient les nouveaux produits de mail gratuits, ce qu'ils ne font en général pas, même si ces produits sont meilleurs, ils tendent à rester sur leur premier serveur. D'où, peut-être, la tentation de lancer une campagne de publicité. Elle peut donner à un certain nombre d'utilisateurs de Mail.ru l'envie d'essayer gmail…

Sur l'impact culturel d'internet…

En préface à la conférence  que je donne la semaine prochaine à Montréal pour Infopresse, un journaliste de La Presse de Montréal m'interviewe longuement au téléphone. Il ne souhaite pas parler du management de l'innovation, thème de mon intervention de mercredi prochain, mais de la dimension culturelle de Google. Pourquoi pas? Ce journaliste connaît bien le monde de la musique et son économie, la discussion est intéressante. Il ne croit pas que le modèle spectacle vivant + internet puisse, comme je le crois, se substituer au modèle actuel pour les musiques populaires. 
 
Il apparaît vite que ce thème ne se limite pas à la question de la rémunération des droits d'auteur à laquelle on voudrait trop souvent le réduire (faut-il le rappeler : la grande majorité des artistes, des écrivains ne gagne pas sa vie en vendant leurs oeuvres et pourtant ils continuent). D'autres dimensions devraient être développées :
 
- Google (et quelques autres) nous ont révélé que nous vivions sur un continent enfoui de biens culturels dont nous n'avions même pas idée : tout ce qui est dans les bibliothèques et qui nous est en pratique inaccessible,
 
- les droits d'auteur et tous les systèmes qui visent à protéger auteurs et éditeurs nous privent de biens culturels, les rendent inaccessibles : où trouver les livres épuisés, les disques ou films que leurs producteurs ne veulent pas rééditer?
 
- internet renforce la domination de la culture anglo-saxonne, comme on le voit lorsque l'on compare les citations de Shakespeare 58 millions de citations) et celles d'autres grands auteurs classiques (Molière (603 000 citations), Goethe, Dante…) et menace de créer de véritables zones d'ombre culturelle ;
 
- les moteurs de recherche modifient la hiérarchie des productions intellectuelles et donnent l'avantage à celles qui sont directement disponibles sur celles qui ne le sont pas, parce qu'elles sont payantes. Ce que l'on observe dans la littérature scientifique : la littérature grise, les working papers qui n'ont pas encore fait l'objet d'un contrôle fin par les pairs prennent l'avantage sur les papiers publiés dans les revues savantes.
 
A suivre…

Ce sont les ingénieurs de Yahoo! qui intéressent Bill Gates

Dans une récente interview Bill Gates a expliqué que c'était ses ingénieurs qui intéressaient Microsoft chez Yahoo!. On aurait pu penser que c'était ses clients et ses technologies, mais non ce sont ses ingénieurs. Ce qui est une drôle d'approche :

- parce que ces ingénieurs sont extrêmement mobiles. Beaucoup sont déjà en train de quitter le navire (spontanément ou forcés et contraints puisque le moteur de recherche procède actuellement à des licenciements). Les premiers à partir seront sans doute les plus compétents auxquels les concurrents (à commencer sans doute par Google) n'hésiteront pas à proposer des ponts d'or (ce que Microsoft ne peut ignorer puisque l'on sait que l'un des responsables de sa ligne Vista a été, d'après Valleywag, débauché en 2006 par Amazon à des conditions extravagantes (un bonus d'entrée de 1.7 million de $, un salaire de 150,000$, un bonus annuel de 500 000$ et 400,000 actions d'Amazon.com qui valent aujourd'hui 30 million de $) ;

- parce que Yahoo! peut faire payer très cher à Microsoft toute tentative de se séparer d'une partie de son personnel ? Il lui suffit (et c'est ce qui vient d'être fait) d'introduire dans les contrats de ses collaborateurs des clauses qui rendent plus coûteux tout licenciement ; 

 - parce que la seule chose qui pourrait inciter des ingénieurs de Yahoo! à rester après la fusion avec Microsoft pourrait être la volonté de battre Google, mais que cela parait une motivation bien faible surtout s'il s'agit de travailler avec une entreprise si longtemps décriée. 

La radio de demain

Apple vient de déposer un brevet sur l'organisation des podcasts qui annonce ce que pourrait être la radio de demain. Si j'ai bien compris (et ce n'est pas toujours évident avec les brevets) il s'agit d'un dispositif qui permettrait à l'auditeur de constituer son propre programme à partir de podcasts trouvés sur le web. Un auditeur de radio pourrait ainsi combiner les informations d'Europe 1 (qu'il préfère à d'autres), le billet matinal de Nicolas Demorand sur ses lectures de la veille, les chroniques d'Alain Duhamel sur RTL et celles de l'excellente Isabelle Monrozier sur France Inter. Il pourrait ainsi éviter ce qui, dans le flux continu de la radio l'agace ou l'ennuie, à commencer par la publicité.

Ce n'est pour l'instant qu'un brevet, mais qui s'inscrit dans cette logique de la personnalisation qui permet à chacun de passer d'une logique du menu avec des plats imposés que l'on n'apprécie pas forcément tous (mais on écoute les chroniques économiques de Jean-Marc Sylvestre,  qui agacent, parce qu'elles viennent avant…) à une logique de la carte où l'on construit son programme en fonction de ses goûts et de ses préférences. Les implications de ce plus de liberté des auditeurs sont importantes. Les radios vont devoir apprendre à devenir banques de programmes, à nouer avec leurs auditeurs des relations nouvelles et, surtout, à réinventer leur modèle économique. Si l'auditeur peut zapper la publicité (et c'est bien ce que ce dispositif permettra) comment financer? Sur fonds publics? Sur abonnements? On voit d'ailleurs sur cet exemple, comment la technologie déplace les lignes et conduit à transférer une part toujours plus importante des budgets publicitaires vers internet.

Coup d'oeil sur les marchés de la publicité sur le mail et l'affichage de bannières

Le rapprochement envisagé entre Yahoo! et Microsoft a évidemment été conçu par les stratèges de Microsoft pour reprendre pied sur le marché de la recherche en ligne que domine Google. Mais, pour mieux comprendre l'intérêt de cette reconquête, il faut jeter un coup d'oeil sur les marchés de la publicité en ligne que Microsoft et Yahoo! dominent : ceux de l'email et de l'affichage de bannières. Il s'agit de marchés dont on parle peu mais qui ne sont certainement pas négligeables comme le montre cette projection en 2012 de ces marchés par Forrester qui prévoit un marché de 16 milliards de $ pour les bannières et de 4 milliards de $ pour l'email (contre 25 milliards de $ pour la publicité liée à la recherche).

Comme on va le voir, ces marchés sont cependant assez différents de celui de la publicité sur la recherche, plus éclatés, plus difficiles à dominer et, probablement, moins prometteurs en terme de croissance. Ce qui explique que l'objectif majeur de cette alliance soit la reconquête du marché de la recherche en ligne.

La publicité email

Ce support a des atouts :

- nous passons l'essentiel de notre temps en ligne (jusqu'à 87% selon Jupiter Research) à lire nos mails, ce qui n'est pas très surprenant puisque nous en recevons tous beaucoup (toujours d'après Jupiter Research, les internautes américains recevraient 274 messages privés et 304 messages professionnels en moyenne par semaine) ;

- il est bon marché : $7 par commande, comparé à $71.89 pour l'affichage et $26.75 pour les annonces contextuelles (d'après, Shop.org, State of Retailing Online 2007) ; - il permet de suivre très facilement le retour sur investissement. Sa progression et sa part du marché globale restent cependant faibles. Il souffre, en effet, de plusieurs faiblesses :

- la publicité sur le mail est souvent confondue avec le spam ; - elle ne touche pas sa cible lorsque les internautes activent les filtres anti-spam : début 2006, le filtre anti-spam de Gmail retoquait 44% des messages publicitaires que les internautes recevaient à la suite d'une demande. Cette erreur a été corrigée chez Google. A la fin 2000, le nombre de messages retoqués n'était plus que de 3% (d'après un article du New-York Times), mais il n'en va pas de même des filtres utilisés par les autres serveurs de courrier électronique :

- cette publicité est intrusive et pose, dans ses versions les plus sophistiquées, comme la publicité contextuelle (qui consiste à générer des publicités à partir du contenu des messages), des problème de protection des données privées. Il est difficile d'évaluer la part de Yahoo et de Microsoft sur ce marché, ces deux entreprises ne publiant pas de chiffres, mais on peut penser que les recettes qu'elles y réalisent ne contribuent que marginalement à leurs résultats et que cela restera le cas. La croissance sur ce marché très éclaté (on n'a pas besoin de passer par Microsoft ou Yahoo pour envoyer des messages) passe par le développement de prestations de services : la vente de fichiers renseignés (adresses, sujets de prédilection…), la vente de bannières sur les messages et des campagnes de opt-in (il s'agit de proposer aux internautes qui utilisent un service de recevoir la publicité d'annonceurs sélectionnés).

L'affichage de bannières

Ce marché est, d'après Forrester, à horizon 2012 quatre fois important que celui du marketing sur le mail et aussi plus prometteur. Il va bénéficier dans les années qui viennent des développements du marketing comportemental qui permet de lier les annonces aux comportements des internautes et élimine sa principale faiblesse : un mauvais ciblage. Yahoo! peut ainsi proposer des annonces sur un véhicule à un internaute qui consulte son service financier mais dont il sait qu'il a consultés quelques jours plus tôt plusie (...)

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