Un second modèle économique en gestation
Il est assez passionnant de voir comment Google est lentement, mais surement en train de mettre en place un modèle économique nouveau, en complément de son modèle construit sur la publicité.
Ce modèle repose sur la vente d'espace. Il est basé sur ce qu'on appelle le cloud compuing, cette technique qui consiste à porter sur le web les applications et les données. Plutot que tout avoir sur son PC, on a tout sur les ordinateurs d'un prestataire extérieur, Amazon, Google, IBM… L'intéret est triple : meilleure sécurité, indépendance à l'égard des machines puisque l'on peut accéder à ses données et applications depuis n'importe quelle machine dés lors qu'elle est connectée à un réseau, gains liés à la mutualisation.
Cette stratégie a comencé avec la mise au point d'applications pour le web : docs, photos… Puis, on a vu apparaitre des outils pour mieux gérer ces applications (Gears qui permet de les utiliser lorsque l'on n'est pas en ligne et tout récemment l'annonce de la création d'un système d'exploitation basé sur Chrome, le navigateur de Google, annoncé hier, qui évite les lenteurs imposées par Java) et la tarification de l'espace consommé au delà d'une certaine taille. Tout cela est fait, à la manière de Google, sans communiqués de presse, un peu dans le désordre, mais le schéma est clair. Demain, nous aurons l'essentiel de nos applications et de nos données sur ses ordinateurs et nous paierons pour ses capacités de stockage.
Nous le ferons d'autant plus volontiers que cela ne coute pas très cher et qu'à force de nous offrir des applications nouvelles, Google nous incite à mettre de plus en plus d'informations sur le web. Le cas des photos, celui des vidéos sont deux bons exemples. Qui ne s'est pas trouvé un jour dans l'obligation de jeter des images qui "encombraient" son ordinateur? Avec Google, on n'a plus ce souci. Lorsque l'on dépasse la taille de la capacité de stockage qui nous est allouée, il suffit de payer quelques dollars.
Il serait, d'ailleurs, intéressant de savoir combien ont déjà cédé à ces sirènes. C'est certainement l'une des statistiques que l'on regarde de très près à Moutain View. Ce second modèle économique mettra sans doute un certain temps à se développer, mais les choses peuvent plus vite qu'on n'imagine. Surtout si Google réussit à convaincre des entreprises de mettre leurs données et applications en ligne. Ce serait la suite logique. Cela a déjà commencé mais cela pourrait se développer vite si le moteur de recherche leur proposait des outils plus performants et efficaces que ceux qu'elles utilisent aujourd'hui. On imagine assez bien des applications de gestion, comptabilité, paie, gestion commerciale portées sur le net. Ou des outils de calcul sophistiqués qui demandent beaucoup de puissance informatique. Ce ne serait que la réinvention de ce que l'informatique connait depuis longtemps sous le nom d'infogérance.
Ce nouveau modèle économique pourrait modifier assez profondément les relations de Google et de ses clients. Lorsqu'aujourd'hui on interroge l'entreprise sur ses positions monopolistiques, elle répond que les clients sont toujours un click away. En d'autres mots, ils peuvent à tout moment aller voir ailleurs. Ce qui est vrai avec la recherche ne le serait certainement pas avec le cloud computing. Et l'on se retrouverait dans la situaiton classique du client captif qui a tant investi dans Google qu'il ne peut le quitter.














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