Médias et commerce
Les difficultés de la presse écrite, ses tentatives de résister (de s'allier, de combattre…) internet ne doivent pas faire négliger une autre évolution qui se dessine actuellement et qui voit des médias anciens (les télévisions) se placer sur de nouveaux marchés grâce à internet. Je pense aux expériences que mènent depuis quelques temps M6 (qui ouvre actuellement son deuxième magasin au centre commercial de Rosny) et TTF1 (Teleshopping) qui développent une offre de téléachat qui associe la télévision (des émissions dédiées à la vente), internet et boutiques.
Mais on pourrait également citer des expériences voisines du groupe HSS (filiale du groupe M6) qui gère plusieurs émissions et chaînes câblées de téléachat : Club Téléachat, M6 Boutique, Paris Première Boutique, Boutique Cuisine TV, Téva Boutique et SérieClub Boutique.
Ces boutiques n'offrent pour l'instant qu'un nombre limité de références, mais dans des domaines très différents (depuis les accessoires auto jusqu'aux accessoires de musculation en passant par les produits pour les animaux et le jardinage chez TF1). Avec, naturellement, des remises sur les prix affichés très importantes.
On voit ici se dessiner un modèle économique original qui associe un média à la puissance commerciale éprouvée et des techniques de ventes par correspondance sur internet. La télévision fait la publicité pour des sites et des produits que l'on peut acheter directement sur internet, que l'on peut se faire livrer ou que l'on peut acheter dans un point de vente spécialisé.
Ces nouveaux distributeurs ont plusieurs atouts :
- l'accès à du temps d'antenne (et donc de promotion de leurs produits) à des conditions très avantageuses (les émissions de téléachat sont plus économiques et plus efficaces que les annonces publicitaires classiques),
- l'accès à une clientèle intéressée : le téléspectateur qui regarde une émission de téléachat est un peu comme le consommateur qui entre dans une grande surface, il est en situation de faire un achat, ce qui n'est pas le cas de celui qui regarde des publicités dans l'attente de l'émission qu'il a choisie de regarder,
- l'accès à des taux d'écoute très importants sur les télés généralistes,
- un pouvoir de levier sur les fournisseurs incomparable qui devrait leur permettre d'accéder aux produits à des prix particulièrement avantageux. Non seulement ces distributeurs sont présents sur plusieurs marchés (HSS est présent en France, Suisse, Belgique, Pays-Bas, Maroc, Antilles), mais ils pénètrent plus profondément sur chacun de ces marchés (on regarde la télévision partout, à la ville comme à la campagne…),
- l'accès à deux modes de commercialisation : par téléphone (commande directe) ou par internet,
- l'accès aux réseaux sociaux que développent les télévisions qui s'adressent aux jeunes (notamment M6).
Ce modèle explose actuellement en Grande-Bretagne mais la France et l'Allemagne sont également deux marchés extrêmement dynamiques dont les télévisions devraient rapidement faire un de leurs axes de développement.
Ce modèle peut se développer selon deux axes :
- un axe produits dérivés, les chaines de télévision associant à leurs émissions des boutiques spécialisées (une émission musicale pourrait ainsi proposer à la vente des disques, une émission littéraire des livres, une émission de voyage des produits touristiques, la projection d'un film pourrait enclencher un lien vers la boutique de vente de vidéo en ligne…
- un axe boutique généraliste (type téléachat) où l'on a accès à des produits de toutes sortes…
L'un des obstacles au développement de ces offres pourrait cependant être la concurrence faite aux distributeurs classiques qui sont aussi annonceurs. Le problème ne devrait cependant pas être trop grave en France puisque la publicité des distributeurs sur internet y a longtemps été interdite.
C'est tout le commerce qui se redessine et cela devrait avoir très rapidement un impact sur l'offre des commerces plus traditionnels. A suivre et à creuser…














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