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La règle des 20% sera-t-elle le talon d'Achille de Google?

La règle qui autorise les ingénieurs à consacrer 20% de leur temps de travail à des projets personnels est régulièrement contestée. On lui a reproché de détourner les collaborateurs de l'entrerpise des projets officiels. Robert Cringely, qui n'est pas n'importe qui dans le monde du web, assure aujourd'hui dans son blog qu'elle pourrait mener à terme Google à la catastrope. Son raisonnement est le suivant :

-  si tous ces gens brillants que Google a recrutés consacrent 20% de leur temps à développer des projets personnels, il y a de fortes chances qu'à la fin de l'année l'entreprise se trouve à la tête de centaines d'idées de produits nouveaux,

- tous ces produits ne seront pas formidables, mais quelques dizaines devraient être brillants,

- dans l'hypothèse (hautement improbable) où les dirigeants de Google seraient capables de les identifier, ils seraient dans l'incapacité de tous les développer, ils feront donc des déçus,

- comme les ingénieurs passent beaucoup de temps ensemble, qu'ils échangent et que beaucoup devraient par ailleurs être rapidement très riches, grâce aux stock-options, l'entreprise risque de se retrouver avec plein de collaborateurs qui la quittent pour créer ensemble des start-up où développer leurs propres projets, au risque de voir certaines de ces idées lui faire un jour concurrence.

Faut-il prendre ces remarques au sérieux?

On peut, d'abord, noter que ce scénario "noir" n'empêche pas le système des 20% de porter ses fruits puisqu'au pire une partie au moins des bonnes idées développées sur ce temps libre sont repris par l'entreprise.

On peut ensuite souligner que le fait que certaines de ces idées soient reprises et développées à l'extérieur de l'entreprise n'est pas forcément un problème pour Google. Il suffirait qu'elles s'inscrivent dans son environnement pour contribuer à son développement (on se retrouverait alors un peu dans le cas de figure de ces collaborateurs de grands groupes qui créent des sociétés de commercialisation ou de sous-traitance dans l'environnement immédiat de leur ex-employeur). 

On doit, enfin, ajouter que beaucoup des travaux engagés pendant ces 20%n'aboutissent pas forcément à des produits. Une part importante doit consister en projets inachevés, en fausses bonnes idées que l'on a voulu tester… ces échecs peuvent être aussi utiles à Google que des réussites, ne serait-ce que parvce qu'ils évitent de répéter les mêmes erreurs. D'autres projets inaboutis peuvent être considérés comme des moments de formation où l'ingénieur acquiert des compétences qui lui seront plus tard utiles sur des projets officiels.

Autant dire que ces craintes paraissent excessives, même si l'on ne peut exclure de nombreux départs à mesure que les ingénieurs pourront exercer leurs stock-options et que certains seront tentés (sont dores et déjà tentés) de suivre le chemin que décrit Cringely. 

 

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28 mai, 2007 - 01:47

L'analyse est intéressante.

Il est vrai qu'une manière de perdre ses meilleurs éléments pour un groupe est de voir se développer des spin-off, des structures créées à la suite de l'essaimage d'une grande entreprise par ses salariés.
Permettre a ses salariés de consacrer un temps non négligeable à des projets externes pourrait être un facteur aggravant.
L'essaimage est souvent lié à une période de défaillance de l'entreprise, lorsque les équipes n'y trouvent plus l'espace pour développer leur esprit d'entreprise. Hors, Google accorde ces 20% de liberté créatrice ...

Et lancer une start-up pour quoi faire ?

Aujourd'hui, il ne faut pas oublier que la réussite ultime d'une start-up est de se faire absorber par Google.
En ce sens, les ingénieurs de Google ont tout intérêt à "vendre" leurs projets de l'intérieur, être présents près du centre de décision.

Par ailleurs, l'histoire montre que les spin-off sont rarement les concurrents les plus dangereux. Tout simplement parce que la valeur ajoutée est le plus souvent générée par une innovation majeure, une innovation de rupture.
Les spin-off sont trop imprégnés part la culture de leur entreprise d'origine pour être capable de rupture novatrice.

Je pense que c'est la force de son empreinte culturelle qui protège le mieux l'entreprise Google de la maternité d'une start-up susceptible de la faire vaciller.

my 2 cents

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