Google réinvente la responsabilité sociale en quittant la Chine
Google a donc décidé de rediriger vers Hong-Kong où ses serveurs ne sont pas censurés, les recherches réalisées en Chine. Cette décision exceptionnelle (combien d'entreprises ont refusé de travailler dans des Etats totalitaires?) est d'autant plus remarquable que tout un chacun s'accorde à dire que la Chine est la puissance de demain, qu'il est indispensable d'y être présent et que Google avait réussi à y acquérir une part de marché non négligeable.
Dans une précédente contribution sur ce blog j'ai expliqué que cette décision, si elle coûte cher à Google, peut aussi lui rapporter gros en terme d'image, ce qui est loin d'être négligeable dans une industrie basée sur la confiance, mais on peut pousser l'analyse plus loin dans deux directions :
- celle de la liberté d'informer : Google est l'avant-garde d'un mouvement pour la libération de l'information, mouvement qui passe par la lutte contre la censure mais aussi par une révision des réglementations sur le droit d'auteur ;
- celle de la responsabilité sociale des entreprises.
On sait que ce thème agite beaucoup les milieux académiques et les grandes entreprises depuis quelques années. Les spécialistes de ces questions s'interrogent sur les obligations des entreprises à l'égard de ce que l'on appelle les parties prenantes (clients, fournisseurs, salariés…) et à l'égard de l'environnement. La décision de Google va élargir le champ de la RSE à la société civile. Sa décision montre que des entreprises socialement responsables ont aussi l'obligation de revoir leurs politiques à l'égard des pays totalitaires qui ne respectent pas un certain nombre de valeurs. On se souvient combien Total a été critiqué pour l'utilisation de travail forcé en Birmanie. Google montre qu'il est des circonstances dans lesquelles une entreprise doit savoir se retirer, fut-ce au prix d'une perte de chiffre d'affaires. On peut parier que son exemple sera souvent cité dans les années qui viennent par les ONG qui se battent pour les droits de l'homme.














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