Google et la Chine, bis
Les réactions aux décisions de Google de ne pas se laisser faire en Chine sont de deux types :
- admiratives de la part des défenseurs des droits de l'homme,
- sceptiques de la part de beaucoup d'observateurs, spécialistes des questions d'économie et de technologie.
Ces dernièrs recherchent la rationalité : les gens de Google ont, à leurs yeux, pris cette décision pour de "bonnes raisons." Des raisons que l'on peut classer en deux catégories :
- les difficultés à s'imposer sur le marché chinois que Baidu domine massivement (Google n'a que 25% de ce marché qui promet d'être le plus important au monde), difficultés qui seraient liées à des problèmes techniques et commerciaux (Badiu, connaissant mieux le marché et les comportements des Chinois, aurait trouvé des interfaces plus efficaces, aurait su mieux commercialiser ses produits),
- une question d'image : en menaçant de se retirer d'un marché qu'elle a du mal à conquérir, Google se serait offert à bon compte un relooking d'une image écornée par différents procès.
Aucune de ces explications ne me parait vraiment convaincante. On ne menace pas d'abandonner comme cela un marché aussi important (quoique loin derrière Baidu, Google a en Chine 80 millions d'utilisateurs, ce qui n'est pas rien). Si Google a pris ce coup de sang, c'est probablement pour un motif plus profond. Cette entreprise s'est construite aux Etats-Unis, en Europe et dans le reste du monde sans faire de publicité, par le bouche à oreille. En d'autres mots, c'est la qualité des réponses aux questions posées, leur fiabilité qui ont fait sa réputation. C'est cette fiabilité qui lui a attiré, en Chine, des utilisateurs plus urbains, mieux éduqués que ceux de Baidu, à l'origine surtout attirés par la possibilité de télécharger illégalement de la musique. Or, cette fiabilité est menacée lorsqu'un pouvoir impose sa censure sur les réponses et veut collecter des informations sur les internautes. Si Google veut conserver le modèle qui a fait son succès, il lui faut maintenir cette qualité. Fut-ce au prix d'un départ de pays qui ne respectent pas les règles.
Perd-il beaucoup? A court terme, sans doute. Mais à moyen ou long terme, c'est moins sûr. Faut-il le rappeler? il suffit de quelques gestes sur un clavier pour changer de moteur de recherche. Google pourra revenir la tête haute dans quelques mois ou quelques années lorsque le gouvernement chinois aura changé de position. J'ajouterai que c'est un signal adressé à tous les autres gouvernements. Il y a des lignes à ne pas franchir.












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