Exhibitionnistes ou inventeurs de nouvelles normes?
Thierry Maillet attire mon attention dans son blog (Sommes nous impudiques ou suivons nous la technologie?) sur un papier très intéressant de Dominique Cardon (Pourquoi sommes-nous si impudiques?). Son post et ce papier insistent sur cet apparent paradoxe : nous n'avons jamais été aussi attentifs à la protection de nos données privées alors que nous n'avons jamais été plus exhibitionnistes, comme en témoignent nos comportements sur Facebook, Twitter…
Thierry Maillet pense que nous sommes surtout soumis à la nouveauté. Dominique Cadon si'nterroge lui, plutôt, sur cette notion même de domaine privé. La distinction public/privé est-elle vraiment pertinente? Ne sommes-nous pas plutôt, sur le web, dans une espèce de clair-obscur où le privé et le public se mêlent. Il conclue sur la notion d'exploration qui est sans doute la piste la plus intéressante. Ces technologies sont nouvelles, tout comme les espaces qu'elles créent. Or qui dit nouveauté dit absence de normes, nous ne savons pas encore comment il convient de se comporter dans ces sociétés virtuelles, ce qui nous ouvre des espaces de liberté où chacun peut inventer. Espaces que l'on investit pour échapper à ce qui nous contraint ailleurs, notamment à ces "rôles" dans lesquels nous enferment la vie en société. Sur Facebook et ailleurs, nous pouvons (mais pour combien de temps?) reconquérir notre moi dans sa diversité et sa richesse : nous sommes toujours plus que ce les autres nous pensent. Et comme nous sommes, sur ces sites, tous un peu pionniers, nous y avons l'arrogance, la liberté, l'insouciance de l'adolescent qui échappe au regard de ses maîtres.
Naturellement, ces comportements que nous adoptons sur le web ont des répercussions sur ceux que nous avons dans la société "réelle" (disons plutôt ordinaire) comme le montre bien la très belle définition que donne Anne-Marie Paucot de la "beetic" (un ou une serial lover qui, à force de chasser l’amour sur les sites de rencontres, est devenu une vraie bête du sexe et de la relation amoureuse) dans son excellent dictionnaire du futur. Cette confusion du public et du privé devrait à terme avoir un impact sur nos comportements. Nous ferons un tri et nous inventerons de nouvelles normes. Mais en attendant, c'est la liberté qui prime.














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