Communauté usages, management, prospective... autour du digital. Publiée par M21.

Entrepreneur voyageur

Me promenant sur Cluster je vois le site (nouveau, je crois) de Designandia, un couple de jeunes entrepreneurs qui ont eu une jolie idée : se promener en Asie et, si j'ai bien compris, mettre en contact les artisans qu'ils rencontrent, via le web, avec  des consommateurs occidentaux. Je ne sais pas si cela marche, je le leur souhaite, mais cela parait astucieux. On imagine bien le partage des tâches : le marketing et la distribution (sans doute une partie délicate) pour nos deux voyageurs, la production pour les artisans. Une manière de réduire les coûts de distribution et de personnaliser les produits et de construire une mondialisation qui échappe aux grands groupes. Tout cela suppose naturellement des logisticiens capables d'effectuer le transport. Ce qui n'est pas évident comme je le sais pour avoir tenté d'envoyer des paquets en Inde (arrivés plusieurs mois plus tard remplis de scorpions, mais oui, de scorpions). Mais ce serait bien qu'ils nous racontent leur aventure.

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Ils les prennent de plus en plus jeunes…

On sait combien les adolescents peuvent se passionner pour un sujet. C'est parfois inutile : je me souviens d'un camarade qui savait reconnaître l'âge d'une voiture à son numéro d'immatriculation. On le lui donnait, il vous disait non seulement le département, ce qui est fastoche, mais aussi sa date d'immatriculation. Mais lorsque cette passion s'attache à ses sujets intéressants cela peut être formidable. J'ai, il y a une vingtaine d'années, un peu plus peut-être, rencontré de très jeunes gens (ils avaient à peine l'âge du bac) qui passaient l'essentiel de leur temps à développer des jeux vidéos. Ils avaient créé une société qui a eu quelques succés. Il aurait été surprenant que la Silicon Valley n'exploite pas ce filon. C'est ce qui va se faire ce week-end chez Google avec la Teens in tech conference. Une réunion d'ados qui vont parler de technologie, présenter leurs réalisation, écouter des conférences, en donner… Il faut lire les biographies des intervenants et regarder leurs photos. Certains d'entre eux paraissent tellement jeunes. C'est impressionnant. Tant de vitalité ne peut que contribuer au développement de l'industrie et à la croissance de la vallée. On aimerait que cela se passe chez nous…

On remarquera cependant l'absence de filles (il n'y en a que deux dans toute la bande) : il semble que ce soit surtout une affaire de garçons. Il est vrai que pendant que l'on développe des programmes on ne poursuit pas ses études.

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Youtube se met à la location de vidéo

Voilà une brèche dans la politique du tout gratuit de Google qui devrait à terme lui permettre de faire évoluer son modèle économique et de se réconcilier avec tous ceux qui lui reprochent de ne pas respecter les droits d'auteurs. A partir de vendredi, on pourra louer sur Youtube des vidéos (voir ici). Les producteurs seront libres de leurs tarifs et des modes de distribution (location pour deux jours, pour plus longtemps). On ne sait pas ce que sera la commission de Google, mais on peut très bien imaginer que ce modèle ou d'autres similaires soient utilisés pour d'aures produits qui rencontrent les mêmes problèmes : Reader et GoogleBooks. Dans le cas de ces deux produits, la tarification risque d'être un peu plus compliquée mais on pourrait imaginer une sorte d'abonnement mutualisé pour l'ensemble de la presse ou de la bibilothèque et que Google redistribue les revenus au prorata des consultations. Ce serait une bonne manière pour les éditeurs dont les livres ont des durées de vie de plus en plus courtes d'allonger cette durée de vie et de pénétrer sur le marché de livre électronique en position de force face aux pirates. Si le prix est raisonnable (ce qui veut dire une baisse importante des prix actuels), on ne voit pas ce qui pourrait inciter un lecteur à perdre son temps à rechercher une version gratuite quand il peut en avoir une officielle à un prix acceptable. Ce devrait bien, d'ailleurs, être là la base du calcul : quel peut être le prix qui dissuade d'aller chercher une édition pirate? Sachant que le plus simple serait d'avoir un abonnement annuel, comme on a déjà pour des capacités de stockage. Quelques mois encore et on y arrivera.

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Gallica sur Google?

Les textes scannés par Gallica, la bibliothèque électronique de la Bibliothèque Nationale seraient-il enfin accessibles depuis Google? Ce serait une grande nouvelle. Et c'est peut-être le cas. Pour la première fois, je trouve sur Google une réponse venant de Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33065w.textePage.f131.langFR Je ne sais qu'en conclure? Mais si les textes que Gallica a mis en ligne étaient effectivement accessibles depuis Google (ou tout autre moteur de recherche) ce serait un grand progrès. Et une bonne manière (je veux dire une manière intelligente) de faire concurrence à GoogeBooks.

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Une chronique sur la guerre entre entre Google et la Chine

Le texte et l'enregistrement d'une chronique que j'ai donnée hier sur Aligre FM à propos du conflit entre Google et la Chine.

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L'éthique et le net

Lorsqu'on parle du commerce sur le web, on a tendance à mettre l'accent sur les escroqueries, sur les comportements douteux (et souvent à juste titre comme l'indique cet article sur les escroqueries aux dons pour Haiti). La réaction de Google à l'offensive chinoise sur ses moteurs montre que l'intégrité peut également être au rendez-vous. Mais il n'y a pas que Google. Techcrunch, un journal sur le net que connaissent bien tous les amateurs de technologie sait également se comporter de manière intègre comme l'annonce l'abandon de ses relations commerciales (publicité, rémunération des internautes arrivés par son biais) avec un site spécialisé dans la vente par enchères. Le motif : c'est trop compliqué à comprendre et cela n'offre pas aux clients d'aussi bonnes affaires que promis. Non content de rompre ces relations, les responsables de techcrunch ont décidé de verser à une ONG les sommes touchées grâce à cette société. C'est d'autant plus méritoire que Techcrunch n'est pas actuellement dans la meilleure de ses formes.

On trouvera ici l'article de Techcrunch qui raconte la chose dans la détail.

Il serait bien imprudent d'en tirer des conclusions définitives, mais il me semble que ces deux exemples montrent que sur un marché basé sur la confiance, un certain nombre d'acteurs ont compris que l'intégrité était la meilleure manière de se comporter, la seule qui permette de maintenir des relations durables avec ses utilisateurs.

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Google et la Chine, bis

Les réactions aux décisions de Google de ne pas se laisser faire en Chine sont de deux types :

- admiratives de la part des défenseurs des droits de l'homme,

- sceptiques de la part de beaucoup d'observateurs, spécialistes des questions d'économie et de technologie.

Ces dernièrs recherchent la rationalité : les gens de Google ont, à leurs yeux, pris cette décision pour de "bonnes raisons."  Des raisons que l'on peut classer en deux catégories :

- les difficultés à s'imposer sur le marché chinois que Baidu domine massivement (Google n'a que 25% de ce marché qui promet d'être le plus important au monde), difficultés qui seraient liées à des problèmes techniques et commerciaux (Badiu, connaissant mieux le marché et les comportements des Chinois, aurait trouvé des interfaces plus efficaces, aurait su mieux commercialiser ses produits),

- une question d'image : en menaçant de se retirer d'un marché qu'elle a du mal à conquérir, Google se serait offert à bon compte un relooking d'une image écornée par différents procès.

Aucune de ces explications ne me parait vraiment convaincante. On ne menace pas d'abandonner comme cela un marché aussi important (quoique loin derrière Baidu, Google a en Chine 80 millions d'utilisateurs, ce qui n'est pas rien). Si Google a pris ce coup de sang, c'est probablement pour un motif plus profond. Cette entreprise s'est construite aux Etats-Unis, en Europe et dans le reste du monde sans faire de publicité, par le bouche à oreille. En d'autres mots, c'est la qualité des réponses aux questions posées, leur fiabilité qui ont fait sa réputation. C'est cette fiabilité qui lui a attiré, en Chine, des utilisateurs plus urbains, mieux éduqués que ceux de Baidu, à l'origine surtout attirés par la possibilité de télécharger illégalement de la musique. Or, cette fiabilité est menacée lorsqu'un pouvoir impose sa censure sur les réponses et veut collecter des informations sur les internautes. Si Google veut conserver le modèle qui a fait son succès, il lui faut maintenir cette qualité. Fut-ce au prix d'un départ de pays qui ne respectent pas les règles. 

Perd-il beaucoup? A court terme, sans doute. Mais à moyen ou long terme, c'est moins sûr. Faut-il le rappeler? il suffit de quelques gestes sur un clavier pour changer de moteur de recherche. Google pourra revenir la tête haute dans quelques mois ou quelques années lorsque le gouvernement chinois aura changé de position. J'ajouterai que c'est un signal adressé à tous les autres gouvernements. Il y a des lignes à ne pas franchir.

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Cartes video sur Google maps

Le tremblement de terre d'Haiti et en train de susciter un formidable mouvement de solidarité qui prend les formes les plus insolites. Ainsi, Virender Ajmani, un ingénieur de Détroit qui a créé un blog passionnant (Mibazaar) vient-il de mettre au point, en partant de Googlemaps, une carte où l'on peut voir toutes les videos sur le sujet diffusées, via Youtube, un peu partout dans le monde (pour l'essentiel aux Etats-Unis). C'est un exemple impressionnant de mashup.

On peut également voir, pour la première fois peut-être (c'est en tout cas la première fois pour moi) à l'oeuvre la diffusion des messages Twitter sur Google (breaking news).

C'est tout à la fois un moyen de donner des informations, d'exprimer son émotion mais aussi de réagir aux commentaires qui choquent, comme ceux de Pat Roberson, un de ces évangélistes américains qui n'a rien trouvé de mieux à dire qu'expliquer que les habitants d'haiti avaient, à la fin du 18ème siècle passé un pacte avec le diable pour chasser les Français et qu'ils le payaient depuis en étant pauvres et malheureux.

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Google et la politique

Il y a quelques jours, une commission nommée par le gouvernement français et présidée par l'éditeur des disques de Carla Bruni-Sarkozy (sic) proposait de taxer Google (on ne sait, d'ailleurs pas comment ils comptent faire) (voir là-dessus ma chronique d'hier sur Aligre.FM). Hier, Google annonçait qu'il se retirerait de Chine si les attaques lancées contre ses ordinateurs (et ceux d'autres sociétés de la silicon Valley) par des hackers probablement à la solde du pouvoir chinois continuaient (voir papier du New-York-Times).

Les deux affaires n'ont évidemment pas grand chose à voir. Les gesticulations françaises relèvent de ce mélange d'autoritarisme, de méconnaissance du monde de l'entrerpise et de l'innovation caractéristique de tant de nos élites. Aussi désolantes soient-elles, elles s'inscrivent dans les batailles classiques entre l'Etat et les entreprises. L'offensive chinoise vise à contrôler les données privées des internautes qui militent pour un peu plus de liberté. La réaction de Google est originale. Pour la première fois (peut-être pas la première, mais presque) une entreprise fait passer des valeurs morales avant la conquête  d'un nouveau marché. On attendait plutôt cela d'un Etat. On aurait aimé que notre premier ministre soit aussi à cheval sur les droits de l'homme lors de son récent voyage à Pékin. On a un peu honte de le dire, mais plutôt que de s'en prendre à ses bénéfices, il ferait mieux de prendre exemple sur son attitude à l'égard d'une dictature impitoyable.

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Google, les livres et nos manières de lire

On sait que les éditeurs sont engagés dans une longue bataille contre Google. La Martinière a obtenu tout récemment sa condamnation. On remarquera qu'à aucun moment on ne s'inquiète des lecteurs, de ceux qui lisent des livres et les utilisent. C'est mon cas. J'achète très régulièrement des livres (au point que ma comptable m'en a fait le reproche, me disant que mon budget bibliothèque lui paraissait bien élevé). Ces livres, je les lis de manière plus ou moins complète, je les utilise dans mon travail. Et je les consulte aussi sur Google books quand par chance ils y sont. Bien loin de se faire concurrence, Google Books (disons, pour simplifier, les bibliothèques numériques gratuites) et les livres papier se complètent dans mon quotidien. Je ne dis pas que c'est toujours le cas, je consulte beaucoup de livres que je n'achèterais pas forcément, un peu comme je faisais quand je fréquentais des bibliothèques, mais j'achète aussi des livres que j'ai consultés sur internet. 

Cette combinaison du papier et du numérique n'est pas mystérieuse : le numérique offre des outils que ne donne pas le papier, notamment en matière d'indexation, mais aussi de copier coller, lorsque je veux faire une citation. Et il pourrait faire mieux (avec par exemple des outils de prises de notes plus efficaces que ceux aujourd'hui disponibles).

Ces nouvelles manières de travailler, infiniment plus efficaces sont ce que les éditeurs, attachés à leurs droits, ne voient pas. Et c'est en ce sens qu'ils sont en train de devenir les meilleurs ennemis de leurs clients les plus fidèles. 

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2010 : l'année du son chez Google?

En ces derniers jours de l'année, les sites qui s'intéressent à Google multiplient les prédictions sur les nouveautés à venir dans les douze prochains mois. La plupart paraissent raisonnables, ce qui ne veut dire ni qu'elles se réaliseront toutes, ni que Google ne nous suprendra pas. Après tout qui imaginait, l'année dernière, que Google lancerait un téléphone? Je ne m'essaierai pas à ce jeu, sinon pour une remarque. Il y a dans l'offre de Google, un imense trou : le son enregistré, la musique, les podcasts. Trou tellement énorme que personne ne le remarque. J'imagine, cependant, que les ingénieurs de Google travaillent dessus, ne serait-ce que pour vendre de la publicité sur Youtube en utilisant les dialogues comme guide pour les annonces (le bruit d'un restaurant, la citation d'une marque dans un bou de film, le mot pizza… pourraient lancer des publicits pertinentes un peu à l'image de ce qui se fait avec le texte). Et s'ils obtiennent quelques résultats, il leur sera possible d'expérimenter une recherche sur le son, à partir de mots dans les podcasts, de séquences musicales… Ce serait une avancée technologique majeure qui ferait faire un bond à un autre domaine difficile mais prometteur quoique aujourd'hui à peu près inexploité : celui de la traduction en ligne de messages parlés. Imaginez un monde dans lequel on pourrait parler à un étranger dont on ne parle pas la langue avec une traduction automatique des propos des deux interlocuteurs. Ce serait magique, non?

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Quel peut être l'impact d'une rumeur sur les décisions d'une entreprise?

Depuis quelques heures, une rumeur court le web (comme ici) : Google travaillerait à un slate computer (une tablette, un ordinteur sans clavier, comme un livre électronique). Il y a quelques jours, on parlait d'un téléphone. Toutes ces rumeurs mélangent des informations dont les sources ne sont jamais citées mais que l'on suppose fiables en s'appuyant sur la qualité de ceux qui sont les premiers à faire circuler la rumeur, des hypothèses plausibles (ce ne serait pas absurde que Google se lance sur ces marchés) et un peu de business-fiction. Je ne sais pas plus que quiconque, ce qui est dans les projets de Google, mais je me pose une question : quel peut être l'impact de ces rumeurs sur les décisions prises par l'entreprise? Ses dirigeants peuvent-ils leur être complètement insensibles? On connaît les prédictions auto-réalisatrices. Peut-on de la même manière parler de rumeurs auto-réalisatrices? Dans le monde politique, c'est déjà le cas. Une rumeur force les acteurs à démentir, à se positionner ou à se re-positionner. Dans le monde des affaires, c'est un peu plus compliqué. La rumeur, vraie ou fausse, peut inciter les concurents à revoir leurs plans, à accélérer la sortie de leurs produits pour acquérir des parts de marché avant l'arrivée du géant de l'internet ou, à l'inverse, à abandonner la partie de peur de ne pouvoir rentrer dans leurs investissements. Est-ce que cela peut amener une entreprise à modifier ses projets? La rumeur peut-elle inciter Google (ou n'importe quel autre acteur) à se lancer sur un marché auquel il ne pensait pas? Dans une économie où l'on peut toutexternaliser ou presque, ce n'est pas impossible. Mais est-ce réaliste?

Cela mériterait une analyse plus fine avec des cas concrets et des exemples que l'on pourrait emprunter à la stratégie militaire la plus classiques (on trouve chez tous les historiens militaires depuis Thucydide des exemples de ce type de ruse), mais aussi à l'histoire de l'informatique et de ce que l'on appelait dans les années 70 le vaporware (il y avait le harware, le software et ce vaporware qui concernait des produits imaginaires). Dans tous les cas de figure ces rumeurs relèvent de l'art d'inciter autrui à faire autre chose que ce qu'il avait prévu.

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Amazon a vendu à Noël plus d'ebook que de livres

Le marché de l'ebook est bel et bien parti si l'on croit ce communiqué de presse d'Amazon selon lequel le libraire en ligne a vendu pour Noël plus de Kindle que de livres. Il faut dire que ce Kindle que k'ai eu en main est très beau, bien plus beau que ce qu'on en a pu dire sur le net et, pus étrangement, que la photo que l'on peut voir sur le site d'Amazon. Léger, manipulable, avec un clavier pour prendre des notes… Une des raisons de ce succès est qu'il est aujourd'hui disponible partout dans le monde, ce qui n'était pas le cas il y a peu encore.

La génralisation des e-books devrait avoir pour effet de favoriser le développement des wi-fi gratuits : comment en effet vendre des livres s'il faut une connexion à internet?

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Open Source, qu'en pense Google?

 

Jonathan Rosenberg, Vice Président de Google en charge du développement des produits vient de publier un email qu'il a adressé aux collaborateurs de l'entreprise il y a quelques jours. Texte long, riche intéressant qui mérite d'être lu avec attention.

The meaning of open

12/21/2009 03:17:00 PM

Last week I sent an email to Googlers about the meaning of "open" as it relates to the Internet, Google, and our users. In the spirit of openness, I thought it would be appropriate to share these thoughts with those outside of Google as well.

At Google we believe that open systems win. They lead to more innovation, value, and freedom of choice for consumers, and a vibrant, profitable, and competitive ecosystem for businesses. Many companies will claim roughly the same thing since they know that declaring themselves to be open is both good for their brand and completely without risk. After all, in our industry there is no clear definition of what open really means. It is a Rashomon-like term: highly subjective and vitally important.

The topic of open seems to be coming up a lot lately at Google. I've been in meetings where we're discussing a product and someone says something to the effect that we should be more open. Then a debate ensues which reveals that even though most everyone in the room believes in open we don't necessarily agree on what it means in practice.

Ce qui veut probablement dire que tout le monde chez Google est convaincu que l'entreprise est aussi ouverte qu'elle pourrait ou devrait.

This is happening often enough for me to conclude that we need to lay out our definition of open in clear terms that we can all understand and support. What follows is that definition based on my experiences at Google and the input of several colleagues. We run the company and make our product decisions based on these principles, so I encourage you to carefully read, review, and debate them. Then own them and try to incorporate them into your work. This is a complex subject and if there is debate (and I'm sure there will be) it should be in the open! Please feel free to comment.

Il y a donc en la matière une politique. Sans doute n'était-elle pas suffisament claire pour tous. Il est vrai qu'en bon rhéroticien Rosenberg nous explique que c'est une affaire de définition.

There are two components to our definition of open: open technology and open information. Open technology includes open source, meaning we release and actively support code that helps grow the Internet, and open standards, meaning we adhere to accepted standards and, if none exist, work to create standards that improve the entire Internet (and not just benefit Google). Open information means that when we have information about users we use it to provide something that is valuable to them, we are transparent about what information we have about them, and we give them ultimate control over their information. These are the things we should be doing. In many cases we aren't there, but I hope that with this note we can start working to close the gap between reality and aspiration.

Distinction inattendue entre open technology et open information : il s'agit de deux sujets très différents. Pour ce qui est de l'open information, il s'agit d'un débat qui a longtemps été surtout politique (voir ce qui se passe actuellement en Roumanie avec l'accès de chacun aux données de la Securtate) comme on a pu le voir en France lorsque des mesures ont été prises avec réticience pour donner aux citoyens avoir accès aux informations que l'administration détient sur chacun de nous. Le fait que ces informations soient aujourd'hui aux mains d'organisations privés à vo (...)

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Sur les commentaires…

Les commentaires sur les sites, blogs… n'ont pas à ma connaissance (mais je serais heureux que l'on me donne des références) d'analyses approfondies. C'est dommage parce que ce sont ces commentaires qui nourrissent les réflexions de tous les adversaires (et Dieu sait s'ils sont nombreux) de l'internet. Une meilleure connaissance des mécanismes en oeuvre limiterait les dérives. Cela aurait sans doute évité que le site du ministère de l'immigration et de l'identité nationale ne devienne le torchon Front National qu'il est, de fait, devenu à l'occasion du débat sur l'identité nationale.

Quand on regarde d'un peu près les commentaires sur les blogs, forums, sites de journaux… on observe qu'ils sont très variés, allant de l'insulte raciste aux analyses les plus subtiles. Et s'il faut lutter contre les premiers, il ne faudrait surtout pas limiter les seconds et diminuer ce formidable avantage qu'est la possibilité d'exprimer ses opinions. Trois facteurs semblent entrer en ligne de compte :

- l'anonymat possible, qui favorise les expressions les plus violentes, notamment racistes que leurs auteurs n'oseraient probablement pas tenir en public. Il suffit de lire les commentaires des lecteurs du Figaro à la suite du papier sur l'éventuelle béatification de Pie XII. L'antisémitisme est bien vivant chez quelques lecteurs de ce quotidien,

- la possibilité de réagir immédiatement qui favorise la réaction passionnelle,

- l'obligation d'écrire qui force à réfléchir de manière plus approfondie : écrire, c'est penser.

Ce qui donne des pistes pour corriger les effets pervers de ces réactions. Interdire ou limiter la possibilité de réagir de manière anonyme serait sans doute une manière de limiter les expressions racistes, antisémites… Une publication différée après validation pourrait limiter ou réduire les réactions trop passionnelles.

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