Communauté usages, management, prospective... autour du digital. Publiée par M21.

videoblog de FYP_editions

FYP éditions a pour ambition de décrire et analyser les pratiques de la technologie, des sciences,de l’innovation, des nouveaux usages et des mutations sociétales. En s’appuyant sur les savoirs professionnels et scientifiques, chacun de nos ouvrages présente une question essentielle sur notre monde actuel et celui de demain que nous sommes en train de façonner. Les collections proposent aux spécialistes et au grand public des clés pour comprendre, des réflexions et des outils pour agir.

videoblog de FYP_editions RSS feed

La connaissance et la confiance, piliers de l’entreprise 2.0

Source : FYP Editions

L’entreprise 2.0 est celle qui sait s’adapter à son environnement. Pour ce faire, Christophe Deschamps érige la gestion et le partage de la connaissance en entreprise comme le principal levier. Véritable autorité en la matière, il nous livre avec « Le nouveau management de l’information » (éditions FYP), une réflexion acérée sur l’organisation de l’entreprise autour de la connaissance, mais aussi une panoplie d’outils pour renforcer l’efficacité de l’organisation ou personnelle.

Consultant, enseignant, formateur en veille, en intelligence économique et gestion des connaissances, Christophe Deschamps suit avec acuité les mutations des technologies d’accès à l’information et de leur incidence dans nos modes de travail et d’organisation. Une partie de son travail peut être consulté sur son blog Outils Froids ou encore sur le site complémentaire à son ouvrage Le nouveau management de l’information. Son postulat est simple : en utilisant les bons outils d’accès, de gestion et de partage de l’information, les employés d’une entreprise sont plus productifs, et partant l’entreprise plus compétitive. Simple en apparence, ce credo pour être appliqué nécessite une mutation profonde des modes d’organisation de l’entreprise, centrée sur l’employé…

Quelle est votre définition de l’entreprise 2.0 ?

Il s’agit d’une entreprise qui tire parti des technologies issues du web 2.0 (blogs, wikis, réseaux sociaux) pour, d’une part, permettre à ses employés d’être plus productifs et de mieux collaborer au quotidien, et d’autre part, de mieux exploiter l’information informelle ainsi acquise dans le but d’obtenir un avantage concurrentiel (mieux innover, mieux produire, mieux connaître son marché, mieux vendre). Le terme d’entreprise 2.0 n’a pas vocation à durer. Une entreprise 2.0 c’est simplement une entreprise qui a su s’adapter à un contexte concurrentiel mondialisé et en réseau, ainsi qu’à des attentes nouvelles de la part de ses employés.

Quel est le rôle de la connaissance dans cette entreprise ?

« La connaissance se situe entre deux oreilles et seulement entre deux oreilles » disait Peter Drucker. Ce que l’on gère dans l’entreprise ce sont des données et des informations de différents types, mais les connaissances sont détenues par les seuls employés. N’oublions pas que le niveau de formation des jeunes qui arrivent en entreprise dans les pays de l’OCDE et notamment en France, n’a jamais été aussi élevé (enquête PISA 2006). Seuls les employés eux mêmes savent ce qu’ils savent, décident de la « part de connaissances » qu’ils mettront à disposition de l’entreprise qui les rémunère et acceptent de transmettre leurs savoirs et savoir-faire à leurs collègues.

Pour les inciter à partage ce savoir, le management doit-il évoluer ?

Si l’on veut qu’ils soient les plus coopératifs possible (et donc productifs) ils doivent travailler dans un climat de confiance. Les méthodes de management employées doivent être tout sauf contraignantes, elles doivent avant tout inciter à la productivité en mettant en oeuvre un climat de confiance, seule manière de ne pas les braquer et de leur donner envie de mettre de l’intelligence dans ce qu’ils produisent. Exactement le contraire de ce que l’on voit trop souvent dans le management « à la française » et qui a été « révélé » tout récemment par le rapport du Ministère du travail consacré au stress professionnel.

Comment capitaliser et exploiter avec efficience ces connaissances, et quel (...)

Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill

Source : FYP Editions

L’ouvrage conçu et réalisé par FYP éditions, Robots genèse d’un peuple artificiel, coédité en France par Minerva/La Martinière et en version anglaise par Harry N. Abrams sous le titre Robots: From Science Fiction to Technological Revolution, est utilisé comme support de cours par l’Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill et le prestigieux Caltech.

La lettre du secteur public : Pour une mobilité plus libre et plus durable

Source : FYP Editions

C’est un livre tonique qui nous invite à anticiper sur les usages de l’automobile et des déplacements dans la ville. Dans une ville 2.0, réellement interactive, où les citadins partagent les informations, ils peuvent aussi partager des modes de déplacements plus intelligents. Il y a urgence. La pollution et la congestion des villes dégradent les conditions de vie. L’augmentation du prix des hydrocarbures devient insupportable pour ceux qui dépendent de leur voiture pour vivre et travailler, en particulier pour les « périurbains ».

L’ouvrage propose une nouvelle approche, pour rendre la mobilité durable populaire, désirable, tout en obtenant des résultats significatifs en termes d’environnement et d’équité sociale. L’objectif : concilier la liberté de mouvement avec l’atteinte d’objectifs collectifs, environnementaux et sociaux.

En s’appuyant entre autres sur les technologies numériques, ce livre donne des outils concrets pour répondre aux besoins de mobilité, tout en respectant les besoins collectifs en termes d’environnement et de solidarité. Il propose des nouvelles solutions techniques, organisationnelles, de services et d’usages.

Les auteurs : Daniel Kaplan est le délégué général de la Fondation pour l’Internet Nouvelle Génération (FING), un projet collectif et ouvert qui se consacre à repérer, stimuler et valoriser l’innovation dans les services et les usages du numérique et des réseaux.
Bruno Marzloff est sociologue. Consultant spécialiste des questions de mobilité, il est directeur du Groupe Chronos, un cabinet d’études en sociologie.

Editions FYP. Collection LA FABRIQUE DES POSSIBLES.
96 pages.14,90 euros TTC

ISBN-13: 978-2916571225

La lettre du secteur public

Pagestech.org : Concevoir les objets de demain

Source : FYP Editions

Concevoir les “NéoObjets”
Article de Pagestech.org

“L’internet des objets intéresse les designers, car il interroge comment faire des propositions au monde”, explique le designer Jean-Louis Fréchin (présentation, blog). Mais la manière dont sont produits les objets nous convient-elle ? “Aujourd’hui, un objet, c’est une marque et beaucoup de marketing”, rappelle le designer, qui en appelle à “émanciper les objets” : “si le Nouveau Monde industriel est différent de l’ancien, il faut construire un nouveau système d’objets en réseaux”.

Les objets sont plus vieux que l’informatique et l’internet, rappelle le designer. A l’heure du numérique, il faut y intégrer les données et les traitements, c’est-à-dire la manière dont on va pouvoir traiter ces données, les adresser pour en faire des objets, comme le montre le projet Urban Mobs. Avec les objets mis en systèmes, comme l’évoquait Baudrillard, on peut parler d’une extension du domaine des objets, mais pour quelle économie politique ? “Souhaite-t-on des objets prisons, comme ceux que proposent Nespresso ou Apple ? Ou est-ce la fin des objets solitaires ? Il y a une dualité qu’il est important d’adresser. Souhaite-t-on concevoir des objets émancipateurs ?”

Image : La présentation de Jean-Louis Fréchin sur les NéoObjets photographiée par Nicolas Nova.

Le système des objets recouvre plusieurs réalités, explique Jean-Louis Fréchin, mais les NéoObjets en tant que tels, comme il les a lui-même baptisés, désignent des objets dont la valeur est déportée sur le service qu’ils offrent, comme le Nabaztag, la montre verte ou le Wattson – qu’il faut distinguer des objets communicants ou des interfaces.

“Les objets doivent être construits pour nous : ils doivent être domestiqués”, explique le designer. “Il nous faut des objets aimables, c’est-à-dire des objets qu’on puisse aimer, adopter, des objets émancipateurs, qu’on puisse annoter, qu’on puisse faire sien.” Les objets se confondent aux sujets, aux hommes. Les produits deviennent des interfaces et les interfaces deviennent aussi des objets.

“Les objets d’information doivent-ils mesurer et exprimer une quantité ou exprimer et produire une qualité ?”, interroge Jean-Louis Fréchin, à l’heure où les objets solitaires, c’est-à-dire produits hors d’un écosystème captif, tendent à disparaître. Avec les NéoObjets, ce sont les pratiques, les services et les programmes qui sont cristallisés par les objets dans une nouvelle chaîne de valeurs, où les objets sont à inventer, à terminer, à détourner…

Jean-Louis Fréchin conclut en évoquant quelques-uns de ces NéoObjets (nous avions déjà évoqué plusieurs d’entre eux) qu’il a réalisés comme WaNoMirror, ce miroir connecté à Twitter (vidéo), ou WaazAl, l’étagère communicante (vidéo)… Ou Wablog, cet objet de communication minimaliste qui consiste à faciliter l’échange de petites images minimalistes…

Lire la suite sur http://www.internetactu.net/2009/12/02/entretiens-du-nouveau-monde-industriel-concevoir-les-objets-de-demain/

Les archétypes des usagers

“Quelles représentations les créateurs inscrivent-ils dans les objets sur leurs usages, leurs potentiels… ?”, s’interroge le chercheur Nicolas Nova (présentation). Comme le disait la directrice du Centre de sociologie de l’innovation, Madeleine Akrich, tous les concepteurs d’objets inscrivent dans leurs réalisations des décisions par rapport aux usagers (goûts, motivation, attentes, envies, aspirations…) qui vont prédéterminer leurs usages futurs. Dit autrement, la question importante pour Nicolas Nova, c’est comment les représentations des usagers sont-elles inscrites dans les objets, dès leur conception même ?

Et Nicolas Nova de plonger (...)

Initiée par Payot Libraire, une table ronde a réuni le jeudi 4 février à Lausanne quelques spécialistes du numérique autour du t

Source : FYP Editions

Autour de Pascal Vandenberghe, directeur général de Payot Libraire, et du modérateur Luc Debraine, du Temps, deux intervenants de marque dont les activités sont, pour des raisons différentes, à la pointe de l’actualité : Frédéric Kaplan, chercheur à l’EPFL et spécialiste des interfaces, auteur récemment d’un ouvrage étonnant [à tous points de vue !], La métamorphose des objets, et Philippe Colombet, directeur pour les pays francophones du controversé programme Google Livre. Leur constat, dressé devant un public d’éditeurs, de libraires et de journalistes : le numérique n’en est qu’à ses débuts, mais le papier a encore de l’avenir !

Sur la sellette du fait des procès, Philippe Colombet a essuyé les plâtres, défendant avec sobriété, embarras parfois, la position de Google Livre : oui, Google, conscient de ce que les connaissances contenues dans les livres, les articles ou les documents était en grande partie inaccessibles au public, a cru bien faire en sollicitant non seulement les catalogues d’éditeurs mais les fonds de bibliothèques pour la numérisation des œuvres libres de droit et l’indexation [enregistrement de mots clés permettant d’orienter la recherche] des œuvres sous droit ou épuisées. Le bénéfice pour d’innombrables titres hors circuit de se faire ainsi connaître n’a cependant pas empêché la révolte d’auteurs et d’éditeurs, américains et européens, devant l’exploitation abusive de leur travail sans autorisation : d’où la nécessité actuelle de régler par accords juridiques les prérogatives des uns et des autres, ce qui ne va pour le moment ni vite ni bien… Le droit anglo-saxon, souligne Pascal Vandenberghe, qui reconnaît le processus dit opt-out [c’est au lésé de protester devant le fait accompli, s’il en a connaissance et les moyens] est en l’occurrence un facteur de tension, car le système européen [opt-in] impose à l’utilisateur de demander l’autorisation avant d’agir, démarche plus égalitaire amplifiant par contraste la pression ressentie devant le procédé de Google Livre, qui par le biais des bibliothèques américaines touche par exemple 200′000 références francophones ! « Nous avons conscience d’avoir fait bouger les lignes » résume Philippe Colombet, « mais il ne faut pas négliger qu’un jour la nouvelle génération pourrait considérer que ce qui n’est pas sur la Toile n’existe pas… »

Passées ces mises au point, trois grandes questions ont structuré le débat : la forme, la place et la diffusion du numérique dans l’édition, à brève ou plus longue échéance. Spécialiste des interfaces – il a travaillé dix ans pour Sony – et grand lecteur, Frédéric Kaplan dresse un état des lieux du numérique qui laisse songeur : « On va vers un grand ordinateur unique, accessible par de multiples canaux y compris pour les créateurs, les diffuseurs et les utilisateurs » explique-t-il tranquillement. « C’est la fin des fichiers, seul l’accès aux données, stockées dans ce qu’on appelle un « nuage » [mais très terrestre !] deviendra pertinent. L’interface sera le support, par exemple une liseuse, mais aussi l’acte d’achat, non plus d’un objet de papier mais d’un droit d’accès au texte dématérialisé. Pourquoi alors une librairie physique, où on peut se promener et être conseillé, ne serait-elle pas une interface, proposant au client des livres traditionnels aussi bien que l’expérience d’acheter sur place un accès au numérique ? » Mais un accès pour quel support ? « La liseuse n’est pas l’avenir de l’imprimé, qui a son propre futur » corrige Frédéric Kaplan, qui peut en faire la démonstration grandeur nature : son ouvrage La métamorphose des objets, sous l’apparence d’un bouquin classique, cache une annexe numérisée invisible ! Il suffit de « lire » certains codes sur ses pages grâce à une interface – pour le moment un téléphone portable ou en entrant le nom de la page manuellement sur Internet, mais qui pourrait se multiplier – pour que son écran présente des « augmentations » complétant le text (...)

Le Monde Supplément : « Bâtissons une planète plus intelligente » Données publiques, ville sensible, ville lisible

Source : FYP Editions

Les informations numériques circulent en tous sens dans les réseaux de la ville d’aujourd’hui, avec un citoyen devenu à la fois émetteur et exploitant de toutes ces données. Comment les transfomer en services producteurs de richesse, en un « bien commun » pour les citoyens ? Une tribune de Bruno Marzloff dans ce supplément du Monde « Bâtissons une planète plus intelligente ».

Bruno Marzloff a publié Le 5e écran Les médias urbains dans la ville 2.0

et Pour une mobilité plus libre et plus durable, de Daniel Kaplan, Bruno Marzloff

Les façades et les mobiliers urbains deviennent des écrans. Le téléphone mobile mute en plateforme d’informations. Le trafic routier, les communautés de quartier, les transactions marchandes, les Vélib’ disponibles…, chaque information traverse instantanément les réseaux de la ville. Nous entrons dans l’ère d’une ville qui devient plus sensible pour être plus lisible. Est-ce un hasard ? Non, c’est la réponse spontanée pour aborder les défis d’une ville qui récuse les pollutions, la domination automobile, les extensions continues des déplacements. Lasse des ressources urbanistiques inopérantes, la ville cherche d’autres réponses. Une ville sensible produit un sens à partir de ses battements, traduit les pouls de la rue, des événements, des flux, des pollutions… C’est une ville dont l’usager prend la mesure en même temps qu’il produit lui-même de l’information. Ce citadin est alors autant une donnée, un capteur, un contributeur, qu’un exploitant des intelligences de la ville.

Producteur d’informations, le citadin se revendique média. En face, les transporteurs, opérateurs télécom, et autres services publics évoluent en fournisseurs d’accès à la cité. L’échange immédiat et localisé d’informations entre la ville 2.0 et ses usagers livre une sorte de réseau de pair à pair. Sa production s’affiche via les multiples écrans personnels et publics. Le système ouvre la voie à un quotidien à distance – commerce, travail, enseignement… –, et à des régulations inédites de la ville – surveillance des pollutions, pratiques sociales et économiques, gouvernance, cogestion des déplacements, maîtrise des flux… La ville sensible infère de ces données la chorégraphie en temps réel de la cité. Elle se donne ainsi les moyens de suivre ses mouvements et donc de les réguler au bénéfice de ses usagers, de ses acteurs et de la collectivité. Cette régulation est aussi le fait des usagers eux-mêmes. Les Anglais parlent de participatory sensing. Traduisons par participation citoyenne si on pense aux applications collectives adossées aux traces délibérées (émises par les usagers, photos géolocalisées par exemple) ou par navigation personnelle pour désigner les applications égocentriques (elles font converger les données personnelles et contextuelles comme AIDA, Affective Intelligent Driving Agent, un compagnon embarqué, intelligent et intuitif des automobilistes, un projet Senseable Lab du MIT avec le soutien d’Audi).

DE LA DONNEE A LA CREATION DE SERVICES

Mais les choses ne sont évidemment pas aussi simples. Cette couche nouvelle de la ville ouvre un abyme de questions. Par exemple, «Qui va utiliser les données issues de nos voitures ?» demande Le Monde. C’est une façon de poser la question des «intelligences» de la ville sensible. Nous exploitons les informations issues des capteurs de la voiture et des automobilistes eux-mêmes. Elles sont endogènes (une panne, la vitesse…) et exogènes (la météo, la présence d’autres véhicules…). Elles sont dédiées à l’écosystème automobile (la navigation (...)

Le mix philosophique de Wikipédia, par Marc Foglia, auteur de Wikipédia, média de la connaissance démocratique ?

Source : FYP Editions

Extrait de Wikipédia, média de la connaissance démocratique ? De Marc Foglia

Une inspiration libérale et communautariste
Seule une culture profondément libérale et civique pouvait donner naissance à un système comme Wikipédia. En effet, l’exigence de qualité n’est pas garantie par une instance centrale, mais confiée avec optimisme aux ressources de chacun, à l’interaction de tous avec tous et aux résolutions décentralisées des conflits. Jamais un tel projet n’aurait pu germer en France par exemple – cela me peine de le dire, mais j’en suis profondément convaincu – la France étant un pays dont les structures sociales et mentales sont imprégnées de centralisme, d’élitisme et de méfiance réciproque entre groupes sociaux. À l’évidence, Wikipédia est à l’opposé du système social et politique français. Il n’y a ici pas d’instance centrale et interventionniste, les X-Mines n’y bénéficient pas de places réservées, et il ne viendrait pas à l’idée d’un groupe de discussion de demander un statut privilégié.
Croire que la liberté de penser, de s’exprimer et d’agir est un facteur de progrès avant d’être une menace pour l’ordre en place et les valeurs établies, est un trait authentique du libéralisme. La philosophie libérale reconnaît l’existence de tendances déviantes ou perverses, voire d’un mal irréductible, mais la participation de tous minimise ce risque par la contribution de ce que l’on appelle couramment la société civile. Le risque que de mauvaises décisions soient prises au sommet, par des mauvais dirigeants, est jugé bien plus important. Ce que les pères fondateurs du libéralisme (David Hume, Adam Smith, Alexis de Tocqueville, John Stuart Mill) auraient confié à la société, sous la forme d’un pouvoir d’initiative, Wikipédia le confie à des « communautés », qui n’ont peut-être de communautés que le nom tant elles sont informelles et parfois éphémères. Le développement du système repose en partie sur des principes généraux et des règles de jurisprudence, qui ne seraient rien sans le dévouement d’individus à un projet commun ; loin toutefois de se faire confiance par principe en vertu d’une identité partagée, les lecteurs surveillent mutuellement leurs travaux. Chacun est invité à compléter le travail commencé, à formuler des propositions et à s’expliquer sur son comportement. Les conflits sont décentralisés : ils se règlent dans un espace prévu à cet effet, entre participants, et non par des règles préétablies et décidées d’en haut.
L’appel à la responsabilité individuelle est une condition de possibilité du système, qui s’effondrerait si chacun faisait n’importe quoi, ou se croisait les bras, en attendant que la participation de tous améliore la qualité de l’ensemble.

Wikipédia, système libéral, n’en présente pas moins des traits typiquement communautaristes. L’étroite imbrication de l’engagement privé avec un idéal public, qui s’exprime dans le besoin qu’éprouvent les individus d’échanger, de se rassembler et de renforcer par leurs liens réciproques la force de cet idéal, compte parmi les aspects les plus visibles. « Aucune communauté ne pourra longtemps perdurer si ses membres ne consacrent une partie de leur attention, de leur énergie et de leurs ressources à des projets communs.
La poursuite exclusive d’intérêts privés fragilise l’environnement social dont nous dépendons tous, et détruit la capacité, que nous partageons, à nous gouverner nous-mêmes, démocratiquement( 1). » Cette déclaration communautariste, il se trouverait plus d’un wikipédien pour l’approuver. L’existence d’une instance centrale serait justifiée, (...)

Les objets ont-ils une histoire?

Source : FYP Editions

La métamorphose des objets

Les objets ont-ils une histoire? Et que nous raconte celle de l’ordinateur qui façonne notre vie quotidienne et notre avenir? Comment interpréter l’histoire de l’iPad d’Apple, de cette liseuse – ni ordinateur ni téléphone, mais les deux à la fois – et qui pourrait bien bouleverser les règles du jeu de la presse et de l’édition. Pour Haute Définition, Manuela Salvi reçoit Frédéric Kaplan, spécialiste en intelligence artificielle à l’EPFL.
Ecouter l’émission :

Le 12h30 – 07.02.2010

Le 2.0, c’est fait pour aider chacun à mieux travailler. À condition d’en comprendre la logique et d’en tirer le meilleur.

Source : FYP Editions

Un article de Veille magazine • Janvier / Février 2009• 37

Nous le savions déjà : Christophe Deschamps est certainement l’une des personnalités les
plus attachantes et douées de sa génération. Son dernier livre est simplement remarquable et mérite largement ses 5 étoiles des lecteurs d’Amazon et un classement de premier rang en
Knowledge Management, Groupware et C o m m u n i c a t i o n .
Christophe nous avait fait l’amitié de venir présenter son livre en octobre à ICC. Nous publions ici quelques morceaux choisis mais rien ne remplacera une lecture intégrale, aujourd’hui, demain, après-demain…

Au niveau professionnel, des contraintes de plus en plus lourdes pèsent sur le travailleur du savoir et sur l’entreprise qui l’emploie :
• Gestion de la mobilité • Gestion du temps • Information overload • Démographie. Ils peuvent cependant s’appuyer sur les technologies 2.0 pour mieux gérer ces contraintes. À condition d’être déployées de manière réfléchie, elles outillent le processus d’intelligence collective en rendant possible la mise en commun des idées, réflexions, contacts, etc. En s’intégrant au contexte de chaque situation, elles permettent des conversations de qualité au sein des entreprises et offrent les outils permettant de les transformer en actions.
Toutefois, les compétences collectives ne peuvent apparaître que s’il existe un seuil de
compétences individuelles fortes. Il faut donc donner aux travailleurs du savoir les moyens de
l’efficacité personnelle. Initiée ou facilitée par les organisations, cette démarche ne produira de
résultats que si les individus se l’approprient en déployant en parallèle une stratégie volontaire de développement personnel et d’autocoaching.
Il leur est possible pour cela de s’appuyer sur le modèle TIICC, qui, non seulement, tient compte des
bouleversements apportés par le web, mais également des besoins très concrets auxquels sont confrontés quotidiennement les travailleurs du savoir :
• Deux « métacompétences » : gérer son temps et gérer son information ;
• Trois compétences : gérer son identité numérique, gérer ses compétences, gérer son capital social.
Ce sont les conditions à réunir pour mieux innover, produire et vendre, car les entreprises se porteront d’autant mieux lorsqu’elles répondront aux besoins de leurs employés…
Le défi des années à venir est bien sûr d’ordre technologique : intégrer la vague des outils 2.0 dans les organisations.
Toutefois, il faudra le faire pour de bonnes raisons, au risque, sinon, de connaître de nouveaux échecs.
Malgré la fascination que nous pouvons avoir pour la technologie en tant que telle, les seules raisons qui vaillent sont liées au capital humain. Il faut « outiller » au mieux les travailleurs du savoir, parce qu’ils sont au coeur de l’entreprise, ou – plus exactement – parce qu’ils en sont le coeur.

Aussi étonnant que cela paraisse, les technologies 2.0 ne doivent pas être déployées dans les
entreprises dans l’objectif annoncé de mieux partager l’information, mais dans celui d’aider chacun à mieux travailler.
Michael Idinopulos, ancien responsable des technologies de la connaissance chez McKinsey et actuel vice-président de Socialtext99, distingue à ce propos les activités « dans le flux » (in-the-flow) des activités « au-dessus du flux » (above-the-flow). Il explique que « dans l’ancien monde des e-mails et des systèmes de knowledge management, nos outils et procédures
créaient une distinction forte entre “faire son travail” [activités in-the-flow, telles qu’écrire des emails] et “faire des retours à l’organisation” [activités above-the-flow, telles que contribuer au système de KM]».
Il en déduit : « Cette manière de concevoir la question vous assurait que les gens passeraient presque tout leur temps dans les e-mails et très peu à partager leurs conn (...)

« Des chercheurs ont montré qu’à chaque fois qu’un internaute se connecte sur le web, il ressent une poussée d’adrénaline qu

Source : FYP Editions


« l’entreprise 2.0 devient apprenante grâce aux flux d’information »

Un article de Bruno Texier sur l’ouvrage de Christophe Deschamps : Le nouveau management de l’information, paru dans le magazine Archimag numéro 230 de Décembre 2009 /Janvier 2010

Christophe Deschamps a été responsable de veille stratégique et consultant internet dans deux
groupes internationaux.
Chargé de cours au master intelligence économique et communication stratégique
de Poitiers, il est formateur, auteur du blog Outils froids et de l’ouvrage « Le nouveau management
de l’information »

Votre livre part d’un constat : les travailleurs du savoir sont souvent mal équipés… S’agit-il d’un manque de logiciels spécialisés ou d’une insuffisance de compétences?
il s’agit avant tout d’un manque d’accès aux outils qui résulte d’une bataille très ancienne entre les
directions informatiques et les utilisateurs finaux. Un veilleur ou un documentaliste devrait avoir la possibilité de tester tous les nouveaux outils qui apparaissent. Malheureusement, ce n’est
pas le cas. Dans ma propre expérience de formateur, 90 % de travailleurs du savoir que je rencontre ne peuvent pas installer de logiciel sur leur ordinateur à cause de la mainmise des DSI! Pourtant, les veilleurs et les documentalistes sont de plus en plus soumis à une forte pression
pour produire des informations mais on ne leur donne pas les outils pour faire ce travail.
Vous affirmez que nous vivons « le temps de l’individualisme collectif ». De quoi s’agit-il?
Avec les outils 2.0, l’individu travaille à la fois pour lui en mettant, par exemple, des
favoris en ligne sur Delicious mais aussi pour la collectivité. Il fait les deux à la
fois : il a un comportement à la fois égoïste et collectif. Ce qu’il fait pour lui est mis à disposition des autres.
D’une certaine façon, cela rejoint le concept de « la main invisible » théorisé par l’économiste
Adam Smith.
Vous consacrez plusieurs pages à la mobilité des travailleurs du savoir et au télétravail. Serons-nous tous, demain, des travailleurs nomades?
En France, nous ne sommes pas très avancés par rapport à certains de nos voisins
européens. Nous sommes plutôt un pays où règne la culture du contrôle.
Je pense néanmoins que le télétravail va se développer grâce aux outils nomades.
Les cadres dirigeants s’aperçoivent que ces outils se répandent à tous les niveaux de l’entreprise et qu’ils peuvent être utilisés pour améliorer la productivité.
Plusieurs études publiées aux États-Unis montrent que l’on est plus efficace lorsque
l’on dispose d’une certaine dose d’autonomie.
L’équilibre se situe probablement dans la possibilité de prendre quelques jours par mois pour travailler chez soi.
Vous affirmez que les effets du « trop plein d’information sur la santé ne sont pas négligeables ». Quels symptômes avez-vous observés?
Des études ont été menées sur le sujet. Le stress, les maux de tête et de ventre, l’insomnie… sont des symptômes liés à l’infobésité. Quand un veilleur doit traiter une centaine de flux RSS et des dizaines d’articles qu’il n’a pas eu le temps de lire, il est confronté à un fardeau lourd à porter.
La veille peut nuire au sommeil!
À force de vouloir tout savoir et être connecté en permanence, l’homo numericus ne risque-t-il pas
de craquer?
Il y a en effet un vrai risque de vivre en permanence dans l’information diffusée en temps réel. Des chercheurs ont montré qu’à chaque fois qu’un internaute se connecte sur le web, il ressent une poussée d’adrénaline qui provoque du plaisir mais aussi de l’addiction. (...)

Un ordinateur sans clavier ni souris

Source : FYP Editions

Découvrez le QB1, l’ordinateur crée par Frédéric Kaplan


Dès qu’une personne s’approche à moins de deux mètres, un écran plat, monté sur un bras robotisé, se tourne automatiquement, oscille dans les airs, cherche le visage puis se fixe face à l’utilisateur. En levant vos bras dans les airs, vous pouvez alors prendre le contrôle de la machine et lancer des applications sans toucher l’écran ni vous approcher. Baptisé QB1, cet appareil se commande uniquement par des gestes, à distance. Grâce à une caméra 3D intégrée à l’écran, l’ordinateur perçoit son utilisateur. Une fois reconnu, celui-ci apparaît sur le moniteur sous la forme d’un avatar. Il suffit alors de bouger pour cliquer ou faire défiler les icones.

Commercialisé en 2009 par la start-up lausannoise Ozwe, cet ordinateur d’un nouveau genre ne possédait jusqu’alors qu’une seule application: un juke-box fonctionnant comme les logiciels iTunes ou Windows Media Player. «En 2010, nous allons lancer une nouvelle version destinée aux lieux d’hospitality, tels que les bars ou les hôtels, révèle Frédéric Kaplan. Il y aura notamment une application pour commander à boire ou à manger. Nous avons eu cette idée après des essais concluants réalisés chez Logitech.»

Comme dans sa première version, «QB1 se voudra le plus intuitif possible, afin que n’importe qui puisse s’en servir de manière ludique.» La reconnaissance des personnes a ainsi été renforcée puisque, en plus de la détection par caméra, deux microphones permettront à la machine de savoir d’où provient le son. Les appareils devraient être facturés entre 10′000 et 12′000 francs (Suisses) l’unité.

Le site web OZWE

L’Atelier numérique : Les objets augmentés, avec Frédéric Kaplan

Source : FYP Editions

Écoutez Frédéric Kaplan sur l’Atelier numérique à propos de La métamorphose des objets et bookstrapping.

an_313_261209_06

La sélection du libraire : les libraires vous conseillent La métamorphose des objets de Frédéric Kaplan

Source : FYP Editions

Les libraires vous conseillent la lecture du nouveau livre de Frédéric Kaplan : La métamorphose des objets. Un ouvrage de référence très bien accueilli par le grand public et les professionnels.

La feuille : Le livre est un contenu comme les autres

Source : FYP Editions


Par Hubert Guillaud

Comme beaucoup d’observateurs (Fred Cavazza ou Damien Douani, Tristan Nitot, Monsieur Lam), il est difficile d’être vraiment convaincu par l’iPad, qui ressemble, oui André, à un outil dédié à la consultation de contenus en provenance des magasin d’Apple. De tous les contenus et pas seulement d’un seul, contrairement à bien des objets qu’on nous a vendu jusqu’alors (les Archos like pour les films, les iPod pour la musique, les Kindle pour le livre, la DS pour le jeux…).

Apple fait le pari que nous avons besoin de consulter des tas de contenus et pas seulement des livres, d’une manière fluide et mobile, en couleur, même sans grand confort de lecture ou sans autonomie géante. J’aurais tendance à être assez d’accord, même s’il y a visiblement encore quelques lacune dans le modèle présenté – en autonomie certainement. Une grande part de notre activité est une activité de consultation, sans interaction, sans création. Je crois assez à ce besoin de consultation mobile (avec une faible capacité d’interaction ou de création, même si elle existe tout de même – et c’est important) et agréable, de contenus variés (et pas uniquement dédiés).

Par contre, Apple a visiblement fait le choix d’une tablette assez fermée (peu de connectique, des applications fermées et contrôlées comme le dénonce la FSF), avec peu de possibilités de communication (pas de webcam pour faire de la téléconf., etc.), uniquement branchée sur ses boutiques en lignes. Et cela est beaucoup moins intéressant… à mon goût (mais vu le succès des applications, de l’iTunesStore, etc., il n’est pas sûr que mon goût soit représentatifs).

Du point de vue du livre, Apple n’a pas vraiment innové, l’interface du logiciel de lecture iBooks est une copie de Delicious Library. Elle est couplée à une librairie électronique : l’iBookstore (qu’on n’a pas encore eu le loisir de regarder, mais ebouquin détaille déjà tout ce qu’on en connait). Clément pose d’ailleurs quelques bonnes questions et montre un Apple moins agressif qu’Amazon envers les éditeurs – pas de marketing sur le prix des ouvrages pour l’instant – et qui propose déjà un modèle d’applications leur permettant d’imaginer des solutions pour rester maître de leurs contenus. Les catalogues ne seront pas tout de suite de la même taille, mais je fais le pari que le rattrapage d’Amazon sera rapide (les livres étant déjà disponibles au format numérique, il sera aisé pour les éditeurs de les porter d’une plateforme l’autre).

Il semble fort probable que cet iBookstore (qui est l’annonce d’une nouvelle offre de la part d’Apple, après la musique, les films et les applications) sera ouvert à d’autres produits que l’iPad (accessible notamment aux iPhone : il n’y aurait aucune raison de se priver de 70 millions d’utilisateurs potentiels !). Comme le souligne très justement Clément Monjou, d’ebouquin : « Amazon a vendu environ 1,5 millions de Kindle depuis novembre 2007 mais Apple dispose déjà d’un parc de 75 millions d’iPhone et d’iPod touch et de 125 millions de comptes iTunes associés à une carte bancaire. Amazon garde une longueur d’avance sur le marché de la lecture numérique mais voit en Apple son premier sérieux concurrent. »

Mise à jour du 29/01/2009 : « On est avec l’iPad dans un type de lecture qui est celui du magazine, avec tout ce que cela comporte d’esthétique, de mobilité, d’images de qualité, de mobilité du regard entre les titres, les chapeaux et les textes, entre la lecture rapide et la lecture profonde. L’écran rétroéclairé est ici un avantage par rapport à l’encre électronique des tablettes actuelles. Peu importe que cet écran soit à la longue plus fatiguant pour l’œil que l’encre électronique: la lecture d’un ma (...)

Syndiquer le contenu
www.gersbach.net www.troisfourmis.com