Un livre blanc sur l'entreprise 2.0 signé BlueKiwi
BlueKiwi est une société innovante que je suis depuis ses débuts ou presque et dont l'adaptabilité et la compréhension de ce qui se joue actuellement entre les entreprises et le social software ne cesse de m'impressionner. Car n'en doutons pas il se joue quelquechose d'essentiel et comme le dit Bertrand Duperrin dans le billet annonçant ce livre blanc : "La question n’est plus tant “l’entreprise va-t-elle passer à l’heure du réseau social” que “quand et comment”.
J'ai donc lu les 20 pages de cet opuscule (téléchargeable ici) et vous présente ci-dessous quelques extraits choisis, sauf indication c'est moi qui ai surligné en gras :
- L'entreprise se retrouve ainsi au centre d'une "tempête parfaite", point de rencontre de trois grandes perturbations qui se nourrissent mutuellement : l'une est économique, la seconde technologique et la troisième sociologique.
Trois dimensions indissociables les unes des autres qui font de l'intégration des technologies 2.0 en entreprise quelquechose d'à la fois "poussé" par les utilisateurs et "tiré" par les décideurs (enfin ceux qui ont saisi l'intérêt qu'ils peuvent en tirer).
- L'outil de travail n'est plus la machine mais l'individu et la matière première est son savoir, son expertise et la capacité à trouver, traiter l'information, et s'en servir comme base de réflexion pour concevoir et proposer des solutions.
Bon là je suis d'accord à 200% (comment ne pas l'être), en plus c'est le coeur même de mon bouquin 
- La complexité des organisations est telle que les circuits traditionnels ne parviennent plus à faire transiter l'information suffisamment vite pour répondre aux attentes des clients internes ou externes dans un délai acceptable et maintenir la productivité à un niveau raisonnable.
C'est LE problème majeur et on le retrouve à tous les niveaux du cycle informationnel et par extension, décisionnel. Un contre-exemple parmi d'autres, quelle réactivité lorsqu'on en est encore à valider l'info tirée du web avec des grilles de validation sans doute très valables jusqu'en 2002-2003 mais totalement inadaptées à la surabondance actuelle des sources. Ses conséquences ne peuvent que jouer le rôle d'un déclencheur pour aller vers une entreprise vue comme la somme d'individus interconnectés, les liens entre eux créant le supplément d'âme qui fera que l'addition de ces individualités sera plus que la somme des parties (Cf. Surowiecki).
- L'entreprise se doit de fournir un cadre et des outils permettant au salarié de faire face à ces exigences nouvelles qui ne naissent plus du haut mais de la base, devant lui, au contact du client et dont la satisfaction lui incombe de fait.
Le travailleur de l'information à le droit d'avoir des outils qui, d'une part, lui soient propres (le passage de la technologie à l'outil est acquis lorsqu'on entend un salarié dire "mon navigateur" plutôt que "le navigateur") et, d'autre part, soient totalement adaptés à ses activités professionnelles : la suite Office (ou n'importe quelle autre, même si elle est en ligne) c'est n'importe quoi. Vous donneriez à un plâtrier les outils d'un menuisier vous? Et pourtant c'est ce que l'on fait avec la bureautique depuis des années.
- L'utilisateur du web en 2008 a donc développé un apport à l'information, au réseau et aux outils directement issu de son expérience personnelle. L'information est diffusée et circule sans barrière, elle est aisée à trouver et par son biais on trouve tout aussi facilement des experts sur un domaine ou des personnes qui partagent les mêmes centres d'intérêt.
Bon là le veilleur qui ne sommeille jamais vraiment en moi (le propre d'un veilleur non?) grommelle un peu ; non, l'information n'est toujours pas facile à trouver, même si les services de recherche sociale de type Delver, Lijit ou Friendfeed laissent entrevoir des possibilités plus qu'intéressantes : et si le renouveau du search était là plutôt que dans le web sémantique (le graphe social reliant de toutes façons bientôt l'un avec l'autre). Malgré cela il me semble que l'un des problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés reste l'information overload encore élargie à ce que j'appelle dans mon bouquin l'everything overload, c'est à dire tout ce que nous avons maintenant en abondance (pour paraphraser un personnage célèbre) : trop d'informations bien sûr mais aussi trop de bonnes sources d'information à surveiller et puis aussi trop d'outils pour le faire et trop d'"amis" dont il faut suivre l'actualité. De ce fait il y dorénavant des choix stratégiques qui doivent être effectués au niveau personnel, car il est évident qu'on ne peut être partout. Il va donc falloir s'habituer à "faire avec" (to cope with) l'incomplétude, le ratage, le "passé à côté". Raison de plus pour que nos réseaux individuels soient de bonne qualité afin de combler si nécessaire les gaps de chacun.
- Une récente étude indiquait d’ailleurs que le premier facteur de motivation d’une force de vente n’était pas le montant des primes, mais l’appréciation directe du supérieur hiérarchique (...) le réseau social d’entreprise non seulement favorise les relations interpersonnelles mais aussi créé la visibilité nécessaire pour mettre en valeur les victoires, les résultats, les bonnes pratiques et les expertises. L’outil participe à la dynamique de uccès et engendre une forte adhésion de l’équipe au projet collectif.
- les réseaux sociaux d’entreprise (créent) des environnements centrés sur les personnes et non sur les processus. Une différence majeure quand on considère que la création de valeur repose sur les individus et non sur les appareils.
Ben oui, parce que les technologies 2.0 ça sert d'abord à générer du profit pour les organisations, c'est à dire à innover, produire et vendre mieux. Vous en doutiez?
La dernière partie de ce livre blanc définit une nouvelle fonction dans l'entreprise, celui d'un Chief Networking Officer ou CNO, dont le rôle serait :
- de décliner les besoins de l’entreprise en termes de "besoin réseau" au service de l'efficacité collective. Il est à même de définir les types d'interactions à mettre en place, les informations à rendre accessibles et surtout les compétences et les personnes à impliquer.
De part sa position dominante, il doit comprendre les problématiques terrain pour proposer des dynamiques de réseau capables de répondre aux enjeux opérationnels. Enfin, il doit pouvoir garantir l'alignement entre les deux points précédents et mettre en place une gouvernance des réseaux en matière de droits, d’accès, de confidentialité et de sécurité.
Intéressante proposition qui emprunte à la fois à l'animateur de communautés de pratique et au responsable KM, responsable KM qui aurait d'ailleurs tout intérêt à se positionner rapidement sur ce poste s'il ne veut pas disparaître car le KM dans sa forme actuelle me semble en fin de vie (voir ici, là ou encore là).
Donc un livre blanc indispensable pour tout manager qui souhaite comprendre ce qu'est l'entreprise 2.0 et découvrir les bénéfices qu'il peut tirer des technos 2.0 pour son activité.
Puisque j'évoque l'actualité de BlueKiwi j'en profite pour annoncer la journée qu'ils organisent le 13 novembre et qui s'intitule "L'entreprise 2.0 : comment tirer partie des réseaux sociaux professionnels". Du beau monde en perspective pour cet évènement puisque Stowe Boyd et Jon Husband, tous deux experts de renom, traverseront l'Atlantique pour nous entretenir du sujet. Sans oublier Carlos Diaz, PDG de BlueKiwi capable de "remuer" une assemblée comme personne lorsqu'il évoque les enjeux des réseaux sociaux en entreprise, comme j'ai pu le constater lors du salon ICC. Toute l'info ici.
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- 21.10.2008
- videoblog de christophe_deschamps















Bonsoir et merci pour ces quelques mots, ravi de voir que la lecture de notre Livre Blanc vous a été agréable et rendez-vous le 13 novembre pour passer de l'évangélisation au business, le 2.0 entre dans les entreprises et c'est plus pour faire beau...
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