Pourra t-on faire l'économie d'un peu de Personal Knowledge Management?
Je crois que je ne suis pas loin d'être le seul en France à m'intéresser au personal knowledge management (mais s'il y en a d'autres surtout qu'ils se manifestent :-) Oui je sais c'est assez prétentieux de dire cela mais il suffit de taper ce terme dans Google.fr pour voir que je ne fabule pas. Et puis je ne tire pas grande gloire de quelquechose qui n'intéresse personne ou presque ...
Et pourtant je ne vois pas comment nous pourrions en faire l'économie dans les années, pardon, les mois à venir. Pourquoi? Parce que, comme le dit Lilia Efimova, doctorante qui a choisi ce thème comme sujet d'étude, le personal KM a d'abord à voir avec un changement d'attitude. Il s'agit de prendre la responsabilité de ce que l'on sait pour mieux aller vers ce que l'on veut savoir (apprentissage tout au long de la vie), mais aussi de qui l'on connait (gestion de son réseau personnel).Tout cela ayant, entre autres choses, pour but d'aider à maintenir son niveau d'employabilité, vous voyez où je veux en venir. C'est que si cette attitude responsable ne semble pas être encouragée dans le monde de l'entreprise, sinon pour supporter le poids de ses éventuels échecs, la crise économique risque fort de la rendre nécessaire dans celui de la recherche d'emploi...
Ce qui me rassure c'est de voir que nombre des éléments que l'on peut inclure dans le PKM (dont, rappelons-le, la définition n'est pas fixée et ne le sera sans doute jamais) se retrouvent dans l'information literacy (maîtrise de l'information), la gestion de l'identité numérique, les technique de réseautage en ligne ou certains aspects du coaching. Lorsque l'on parle de changement d'attitude on est en effet plus proche du développement personnel que de l'efficacité personnelle, mais l'une peut-elle aller sans l'autre? Il n'est qu'à relire "Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent", le best-seller de Stephen Covey, pour comprendre que la distinction entre les deux est forcément artificielle et à terme contre-productive.
Autre source de satisfaction, la tenue du premier colloque international consacré au PKM qui aura lieu en Suisse en mars 2009. Tous les thèmes qui m'intéressent et que je traite ici ou dans Outils Froids seront au menu, :
- Personal Knowledge - Ultimately, all knowledge is personal knowledge. Following the tradition of Nonaka&Takeuchis spiral model (and later Ba model) knowledge resides partially in the minds of people and can partially be codified as external artifacts. PKM investigates the use of methods and tools to amplify the abilities of the individual to work better with knowledge. E.g.
- recall previously learned knowledge faster (or at all) when it is required
- model personal knowledge and beliefs with external modeling tools to derive new insights (MS Excel is often used for this today)
- strategies for filing ideas to retrieve them when needed
- Personal Management - Management is a systematic approach to define goals, measure, define and execute actions and repeat this control loop until the goal is reached. Different from traditional management, in personal management one has to manage oneself. This involves the problem of fulfilling two roles (executing and managing) and learning when and how to switch between them. Typical management problems in PKM are e.g.
- time and task management
- matching work habits with personal productivity level variations
- investing time into personal learning and PKM improvements
- work-life balance
Le tout présenté par des intervenants de très haut niveau comme vous le constaterez en vous rendant sur la page officielle.
Troisième source de satisfaction, le groupe PKM que j'ai lancé un peu par hasard en avril dernier, avec comme premier objectif de tester le service Twine, comprend maintenant 245 membres.
Tout à coup l'on se sent moins seul :-)
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Vous n'êtes pas le seul à vous intéresser au Personal Knowledge Management en France. Beaucoup de vos lecteurs s'y intéressent et sans doute aussi une grande partie des travailleurs sur clavier qui ont intégré en si peu d'années, les nouvelles technologies, puis les ressources immenses d'Internet dans leurs pratiques professionnelles. Les métiers et les activités conduites sérieusement reposent sur des connaissances, des savoir-faire et l'accumulation d'expériences avec sans doute un peu de bonnes dispositions et de talent personnel.
J'ai l'impression d'avoir toujours fait du Personal Knowledge Management sans doute comme Monsieur Jourdain, sans le savoir et avec les informations qui étaient disponibles. Internet a changé la donne: masse d'information, rythme des échanges, possibilités de contribuer, etc. Le rapport que nous avons tous vis à vis de l'information en a été profondément modifié.
Le mot le plus important du PKM est sans doute Personal, c'est lui qui déterminera la stratégie à mettre en place en fonction de ses objectifs personnels. Nous sommes tous différents et les rapports que nous entretenons avec l'information le sont sans doute aussi. Notre capacité d'analyse, de communication, de mémorisation, nos aptitudes à utiliser différents médias et notre volonté à se fixer des objectifs et à les atteindre font que la bonne démarche de PKM est celle que l'on s'est choisie, celle que l'on parvient à s'approprier et à mettre en œuvre efficacement. Le point délicat restera la transition entre une démarche personnelle qui nous convient et une démarche collective appliquée à une équipe, à un groupe, mais c'est un autre sujet.
A voir également, l'approche pédagogique de ces questions via les environnements d'apprentissage personnels (EAP), ou Personal learning environment en anglais (PLE).
Si les points de départ ne sont pas les mêmes, il me semble que ces deux concepts se rejoignent autour de l'apprentissage tout au long de la vie, pour lequel il est nécessaire d'assurer une continuité entre formation initiale et continue, formelle et informelle, guidée et autonome, etc.
Je pense que l'opposition Personal KM & Collective KM n'ont pas lieu d'être, puisque dans le KM 2.0 (ou entreprise 2.0), et contrairement au KM 1.0., il s'agit de deux facettes différentes d'une même chose.
En fait dans le Web 2.0, l'individuel et le collectif sont en relation synergétique:
J'utilise un outil web 2.0 tout d'abord comme un outil de personal KM (pour être plus efficient dans mes process personels), mais automatiquement, ma contribution est aussi disposible pour autrui (ce qui augmente encore sa valeur individuelle).
Une excelente illustration est donnée par le bookmarking social: je bookmark comme une extension (prothese) de ma mémoire individuelle. Mais cette "mémoire" est en même temps intégrante d'une mémoire collective.
Cela peut aussi s'appliquer dans une moindre mesures aux autres outils Web 2.0 tels les réseaux sociaux ou les blogs.
Cette vision se demarque de la vision KM 1.0. ou les gens devaient plus ou moins décider entre gérer la connaissance de manière personelle (outils de productivité personelle) ou collective (système de KM centralisé de l'entreprise).
Thierry
PS:
J'ai soumis un papier sur cette idée à un Journal académique.
Je vous rejoins d'autant plus que c'est ce que je me suis evrtué à démontrer dans une bonne partie du bouquin à paraître :-)
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