Communauté usages, management, prospective... autour du digital. Publiée par M21.

"Networked worker", une récente étude de Pew Research à découvrir.

Comme toujours le très sérieux Pew Research Center nous propose des données particulièrement intéressantes et utiles dans sa dernière étude intitulée "Networked workers". Qu'y apprend t-on entre autres choses? Pêle-mêle :

  • 27% des travailleurs américains disent utiliser internet constamment au travail ("always on") et 22% plusieurs fois par jour.
  • 80% considèrent que les technologies du web améliorent leurs capacités à bien faire leur travail.
  • 73% qu'elles les aident à partager des idées avec leurs collègues
  • 58% qu'elles leur offrent plus de flexibilité dans le travail quotidien
  • 56% disent travailler à la maison en plus du bureau
  • 50% lisent leurs emails professionnels le week-end
  • 49% disent aussi que ces technologies ont accru leur niveau de stress
  • et 49% (les mêmes?) qu'elles compliquent la possibilité de "déconnecter" lorsqu'ils sont à la maison ou en vacance.

Bilan :

  • nous sommes de plus en plus connectés au web et c'est une aide évidente dans notre travail quotidien.
  • la confusion professionnel/privé est de plus en plus forte et peut avoir des conséquences négatives sur la santé des individus (mais aussi, plus globalement, sur la cellule familialle et encore plus globalement sur la société au sens large : la Société).

Précisons que les technologies envisagées dans cette étude sont de deux types :

  • la connexion au web, c'est à dire le moyen d'accéder, via des requêtes ou ses favoris, à l'information utile,
  • l'email et les possibilités qu'il offre dans le cadre professionnel

Une remarque globale d'abord, à mon sens l'une des promesses des technologies 2.0 c'est d'une part la diminution du temps passé à rechercher sur le web, notamment parce que l'on peut compter sur son réseau social pour obtenir de l'information qualifiée, soit en lui posant directement une question (cf. Twitter), soit via des moteurs comme Delver, Lijit ou Friendfeed. D'autre part le fait d'avoir des outils plus adaptés à la collaboration / coordination. La même étude nous dit en effet que l'email reste l'outil privilégié (60%) pour organiser des réunions ou de rendez-vous, ainsi que pour travailler sur des documents (62%). Or l'on sait bien que l'email est sans doute la pire des solutions à ces questions et il se trouve que des services spécialisés de grande qualité se multiplient pour y répondre au mieux, citons par exemple Doodle pour l'organisation de réunions et Google Docs ou le tout récent Textflow pour l'écriture collaborative. La question qui reste posée est donc de savoir à quoi nous utiliserons le temps que ces services nous aident à épargner. On aimerait croire qu'ils permettront de faire ce que l'on fait actuellement sur son temps de repos, mais la nature du travail dans la société de l'information change : l'information elle-même est un flux sans fin, flux susceptible d'entraîner un travail sans fin, or que peuvent bien apporter des knowledge workers épuisés et stressés, quelle créativité peut bien être la leur?

La solution ne viendra pas des outils, même si les maîtriser sera évidemment un préalable. Elle viendra selon moi de deux facteurs l'un, quelque peu utopique j'en conviens, sera la capacité des entreprises à adresser ces besoins en ne dépassant pas la frontière qui amène à la contre-performance individuelle (quantité de travail, disponibilité) et en aidant les employés à mieux gérer leurs priorités (formations, méthodes, outils) et leurs réseaux sociaux (voir le récent billet de Bertrand Duperrin à ce sujet), c'est une question de bon sens et d'intérêts bien compris (mais le bon sens...).
Le second, le seul sur lequel on puisse vraiment compter, est la capacité à prendre soi-même en main ses objectifs personnels et à auto-gérer l'indispensable équilibre entre travail et loisir, équilibre qui nous équilibre et doit nous amener à notre meilleur niveau de performance. Je parle ici de performance au sens large : être créatif, entretenir des relations sociales de qualité, être productif, et ceci pas seulement dans un objectif professionnel.
Le personal knowledge management pris au sens large (c'est celle dont je l'envisage dans le livre) peut aider à trouver une réponse globale à ces questions. Il n'est pas une panacée, pas une méthode non plus, mais un ensemble de pistes qu'il nous est possible de suivre en parallèle, certaines pouvant être approfondies en fonction des besoins de chacun. A suivre...

PS : l'étude de PEW fait 57 pages et il y a donc beaucoup d'autres enseignements à en tirer.

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