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Consommer ne suffit plus pour donner du sens, participer est devenu une exigence !
Sommes nous impudiques ou suivons nous la technologie ?
Un papier intéressant a été récemment publié par un analyste réputé de l'impact d'Internet sur nos vies. Daniel Cardon suggère que nous sommes devenus impudiques et notamment que notre obsession de l'image, de nous montrer révèlerait un trait de caractère particulier de nos sociétés ?
Je préfère croire avec Gilles Lipovetsky que nous sommes soumis à l'influence de la nouveauté (l'esprit coutumier a cédé le pas à la nouveauté in L'Empire de l'éphémère.
Appliquée à la technologie notre appétence pour le nouveau nous fait naturellement essayer les applications proposées les plus récentes. Déduire de cet engouement propre à nos sociétés que le progrès technologique ne cesse de façonner nos modes de vie est allé un peu vite en besogne.
Souvenons-nous l'alimentation industrielle des années 1970-80 ! Les croissants et les yaourts à faire chez soi, les Bolinos à cuire à la maison, les plats préparés. Bien sûr que nous en conservons certains, le four à micro-ondes a réellement facilité nos comportements alimentaires mais les a-t-il modifié en profondeur ? Rien n'est moins sûr.
L'attention prêtée à la qualité de la nourriture, l'importance accordée au slow-food, la montée en forte puissance de l'alimentation biologique, autant d'exemples qui viennent contrecarer les hypothèses les plus modernistes des années 1980.
Il faut donc faire attention à ne pas confondre les modes de vie des early-adopters, ici, vous comme moi, férus d'internet et de nouvelles technologies avec la population dans son ensemble. Deux livres récemment publiés, La société mosaïque et La réalliance, écrits par des observateurs de nos sociétés tombent un peu dans ce panneau de confondre le mode de vie des parisiens du 11° arrondissement comme l'anticipation certaine des attentes et appétences de l'ensemble de la population.
Si cela avait été le cas les cabinets de tendance et de prévision seraient milliardaires car ils détiendraient la recette miracle à laquelle se soumettraient toute entreprise. Il n'en est rien bien au contraire et je préfère vous suggérer trois lectures philosophiques et anthropologiques, L'invention du quotidien de Michel de Certeau et Pour une anthropologie de la consommation : le monde des biens d'une très grande universitaire anglaise, Mary Douglas. Ces deux auteurs démontent merveilleusement la complexité de la consommation et la multiplicité de nos critères de choix qui répondent à des raisons évidentes mais aussi à nos émotions et nos passions les plus internalisées que vouloir les décrypter en permanence est un travail de mineur de fonds bien épuisant.
A mi-chemin entre ces deux types d'ouvrages, je peux vous conseiller Culture Code de Clotaire Rapaille, un médecin français parti vivre et exercer dans le marketing aux Etats-Unis. Son point de vue sur l'existence de codes culturels propres à chaque pays est à prendre en considération. En l'occurence son livre traite beaucoup des Etats-Unis et peu de l'Europe.
NB : Faisant une recherche sur Clotaire Rapaille, je viens de trouver ce papier très complet sur Agoravox mais je me demande si je ne devrais pas parler de publicité. Il semble véritablement rédiger par un membre de son staff ou de l'éditeur. Quand penser, est-ce contre-productif ? Je vous invite à me donner votre avis mais j'ai déjà moins envie de vous parler positivement de Clotaire Rapaille.
- 23.01.2009
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